germinal01

27/11/2008

Pour une vraie politique nataliste !

Il a beaucoup été question  du vieillissement de la population pendant la campagne précédant la votation fédérale sur l’AVS. Notre petit îlot helvète n’est pas le seul pays concerné sur le continent européen. Les campagnes italiennes sont aussi touchées et particulièrement la Basilicata, magnifique et pauvre région du sud de la péninsule, qui s’abandonne le long du golfe de Tarente et où l’on peut visiter une des cités les plus pittoresques et les plus belles du Mezzogiorno, l’incomparable Matera.

Afin de relancer une véritable politique de natalité pour repeupler l’arrière-pays, et en particulier les localités de Calvera, Carbone, Cersosimo, Fardella et San Paolo Albanese, le secrétaire politique régional du MSI-Fiamma Tricolore, Vincenzo Mancusi a émis la proposition suivante :  une somme de 1500 euros annuelle est offerte jusqu’à leur majorité à tous les bébés qui naîtront en 2009. En voili une politique incitative qu’elle est biente !

Ce qu’il convient de savoir c’est que le MSI-Fiamma Tricolore constitue un des derniers bastions des néo-fascistes italiens non-repentis ; ceux qui ont refusé de suivre Gianfranco Fini lors de la « svolta di Fiuggi », congrès qui avait débouché sur la naissance d’ Alleanza Nazionale, engagé les fidèles du Duce et d’Almirante sur le chemin de Canossa et banalisé le passé sulfureux du MSI. Oui, oui, vous avez bien lu, banalisé ; Gianfranco Fini est aujourd’hui président du Parlement italien et le maire de Rome, Gianni Alemano, élu d’Alleanza Nazionale, porte toujours une croix celtique autour du cou.

J’en reviens à Vicenzo Mancusi : 1500 euros par année et par enfant jusqu’à la majorité, bigre ! Voilà de quoi aiguiser les appétits et occuper les longues et mornes soirées dans les campagnes basilicates.

Tout doux, mon brave ! Pour toucher ce magot il ne suffit pas d’un petit coup de gymnastique vespérale et hygiénique. Lorsque ce si « cher » enfant sera là vous devrez lui donner un prénom …….mais vous n’aurez hélas pas le choix : ce sera Benito pour un garçon ou Rachele si c’est une fille. S’il vous venait l’idée saugrenue d’appeler votre fils Anacleto ou votre fille Rodoguna vous pourrez faire le deuil des 1500 euros promis.

Malin ce secrétaire politique néo-fasciste …….. il fait d’une pierre deux coups : œuvre de salut public pour freiner la chute vertigineuse de la courbe démographique dans sa région et œuvre de mémoire envers le dictateur Mussolini et son épouse. Peut-être inaugure-t-il même une façon originale de recruter de futures chemises noires dans cette Italie toujours en proie à ses démons.

« Fascisiti ! Carogne ! Tornate nelle fogne ! » 

 

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25/11/2008

Vous avez dit dépassé par les événements ?

Un vaste meli-melo que le papier de l’animateur des grandes surfaces politiques et lémaniques dans la Tribune d’hier, intitulé "Tout ça pour quoi ?" : on y découvre pêle-mêle Hugues Hiltpold et son OPA sur le DIP, Yves Nidegger de dos sur la photo, un ministre affaibli, le PDC et son index trempé dans l’eau bénite, Pierre-François Unger et le vorace François Longchamp jouant au strip-poker, la droite suiviste du parti libéral et surtout un Conseil d’Etat « dépassé par les événements qui ne pourra plus venir nous entonner la chansonnette de la collégialité ».

A une année des élections cantonales, voyons brièvement, en quelques exemples, mais d’un plus près, ce qu’a accompli ce Conseil d’Etat « dépassé par les événements » et que les flatteurs placent sur la gauche de l'échiquier politique.

Les relations avec le personnel étant au plus mal, il s’est efforcé avec succès, dès son entrée en fonction, de renouer le dialogue avec la fonction publique dans un climat de confiance ce qui a permis la signature d’importants accords modifiant la LPAC ; il a également entrepris une vaste réforme de la politique des ressources humaines, (engagement du personnel dans la classe de fonction définitive, réduction à deux ans de la période probatoire, introduction d’un 13ème salaire en lieu et place de l’obsolète prime de fidélité, refonte du répertoire des emplois de référence au sein de l’Etat) ; ce chantier, qu’aucun gouvernement genevois n’avait eu, jusqu’à aujourd’hui, le courage politique de mener à bien, progresse à un rythme soutenu et va déboucher sur un nouveau système d’évaluation des fonctions.

En matière de finances publiques le Conseil d’Etat a mené, sous la férule du bon géant blond, une politique disciplinée de maîtrise des charges (malgré une conjoncture favorable et des rentrées fiscales exceptionnelles) qui a permis le retour à l’équilibre budgétaire et l’autofinancement des nos investissements dès 2006 déjà. Autre résultat positif, la diminution de la dette : elle a passé de 12,7 milliards (fin 2005) à 11,4 milliards au 30 septembre de cette année.

Je pourrais également parler de l’évolution des prestations « on-line » de l’administration fiscale, de la promotion de l’emploi et de la réinsertion (nouvelle loi en matière de chômage), du développement des transports publics etc… j’interromps là ce cirage de pompes somme toute mérité et la liste des réalisations de ce misérable Conseil d’Etat en proie, paraît-il, aux pires turpitudes internes et victime d’une méchante fracture des vertèbres collégiales.

Une fois la campagne électorale lancée (mais n’y est-on pas déjà ?) le pack de la Tour Baudet va se disloquer et chacun regagnera ses vestiaires politiques respectifs. Quoi de plus normal ?
Le Conseil d’Etat peut poser ses bleus de chauffe sereinement ; il a beaucoup et solidairement poussé en mêlée, pratiqué un jeu ouvert, marqué et transformé quelques beaux essais ….. n’en déplaise à ses détracteurs ......  et à l’animateur des grandes surfaces politiques de la Praille ! Son aveu, ce mardi matin sur les ondes de Radio Cité, m'a cependant rassuré sur l'importance qu'il convient d'accorder au contenu de son article : « Je ne comprendrai jamais rien à la politique " s'est-il exclamé......

…..tout passe…

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18/11/2008

Premières manoeuvres princières

-         « Ah, ça mais ! Je suis de gauche moi ! »

Not’bon Prince n’a pas l’intention de laisser s’installer la suspicion sur son auguste personne. Il reprend l’initiative dans le conflit qui oppose la fonction publique municipale au Conseil administratif et entonne à haute voix le désormais célèbre motet du Palais Eynard connu sous le nom de « cacophonie collégiale ».

Il y a bientôt deux lustres ans, alors qu'il n'était qu'un élu roturier de notre cité, il dut suivre les injonctions pressantes de son parti et prendre le dicastère des affaires sociales. Lui visait la culture. Huit ans plus tard au printemps 2007 il est brillamment réélu et envisage tout naturellement de reprendre les affaires culturelles des mains de l’accordéoniste vert. Cette fois on ne peut lui refuser, lui qui aime tant les artistes, qui a enseigné la littérature , la philosophie, qui arbore son amour des arts et de la culture comme d’autres exhibent leur lésion d’honneur. C’est pour lui le dernier moment car au GPS  (grand parti socialiste) on pratique la limitation à trois mandats successifs. On peut donc comprendre qu'il veuille transformer son dernier tour de préau en un tour de cour, bien mieux en rapport avec sa prestance. Il hausse le ton, braque ses petits camarades de jeux et finalement se fait rouler dans la farine ; il restera aux affaires sociales (où il excelle) et hérite de la culture physique.

Il enrage…. et annonce sur le plateau de l’animateur des grandes surfaces politiques lémaniques qu’il pourrait être candidat au Conseil d’Etat à l’automne 2009.

J’ai repensé à cette séquence en lisant, dans la presse de ce mardi, les propos tonitruants de Not’bon Prince. On imagine aisément que la lutte pour la succession de L.Moutinot sera sévère à l’intérieur du GPS ; trois candidates se sont déjà déclarées alors que Charles Beer rempile pour un second mandat .
Qui sait si les gesticulations et les éclats de voix actuels de Not’bon Maire ne sont pas les premiers signes de l’affirmation de son positionnement ancré très à gauche, qui lui permettrait, profitant des divisions, de jaillir dans la dernière ligne droite et d’imposer sa stature de rassembleur pour mener les troupes socialistes vers les lendemains qui chantent ?


Pour l’heure il reçoit les syndicats et donne une leçon de real politik à ses collègues du Conseil administratif.
 
Au fait c’est peut-être LUI qu’on attendait lors de la grand messe cacocophonique du GPSF (Grand Parti Socialiste Français) à Reims, ce dernier week-end !

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29/10/2008

Parlons-en sans tabou !

"Est-il dommage que nos parlements de milice se « professionnalisent » ?
« Au regard d’un monde de plus en plus complexe et interconnecté en permanence, il devient de plus en plus difficile d’assumer une fonction professionnelle et un engagement politique de qualité. »

« 
De fait, je dois constater que le professionnalisme gagne nos élus, par exemple le cumul de mandats peut représenter un revenu supérieur à 150'000.- par an, soit un salaire qui correspond à une véritable professionnalisation de la fonction de représentant élu. »

« 
Je dois remarquer que nous allons vers une professionnalisation de la fonction d’élu, et que nos autorités ne veulent pas le reconnaître". »


On pouvait lire ces propos le 23 octobre sur le blog Esprit de Genève. Son auteur renvoyait la solution de cette problématique aux travaux de la Constituante ; c'est-à-dire pas avant quatre ans.
Je me suis déjà exprimé sur le sujet en soulignant l'urgence qu'il y avait à revoir sans tabou les horaires de travail des commissions parlementaires et des sessions plénières du Grand Conseil. J'y reviens, avec insistance j'en conviens, mais l'enjeu est de taille : il y va de la crédibilité du pouvoir législatif.
 
Les Verts avaient déposé lors de la dernière législature un projet de loi dont les buts étaient d’améliorer les conditions de travail des députés, de favoriser l’accès des femmes au Grand Conseil en adoptant les horaires en vigueur dans la plupart des grand cantons suisses, soit la tenue des commissions et des plénières pendant la journée. La majorité du Parlement (l’Entente en particulier) n’en a pas voulu.
Cela aurait pourtant permis l’accès au Grand Conseil de nombreux citoyens-ennes motivés mais également désireux d’accompagner le parcours scolaire de leurs enfants ; c’est le cas notamment des mères de famille qui exercent une activité professionnelle.
Cela aurait permis notamment d’accélérer le traitement des projets de loi, motions, résolutions et autres pétitions ; l’ordre du jour des sessions épuré de mois en mois reprendrait ainsi un aspect objectivement et humainement abordable ; l’adéquation du temps politique au temps réel de la vie de  nos concitoyens redeviendrait peu à peu crédible. Le Parlement n’arrive plus à absorber des ordres du jour pléthorique, le retard accumulé est inquiétant ; quelques chiffres  pour illustrer cette réalité :

- 6 octobre : 453 objets sont en « souffrance » devant les commissions
- 9/10 octobre : session plénière : 154 points à l’ordre du jour (141 si on exclut les point fixes)
                                                   14 sont renvoyés sans débat en commission
                                                     3 sont retirés
                                                   39 sont traités
                                                   85 sont reportés
- 28 octobre : suite à une question que je lui ai adressée le Secrétariat général du Grand Conseil m’informe que les objets en « souffrance » devant les commissions seraient au nombre de 560 (ordre de grandeur à la dizaine près). Ce la se passe de commentaire, non ?

Les forces politiques représentées au Grand Conseil (en particulier celles de l’Entente) seraient-elles prêtes enfin à entrer en matière sur ce qu’elles ont refusé il y a quelques années ?

…….tout passe……..lentement.....

post scriptum
: la commission des finances se réunit aujourd'hui de 13h à 19h.......avec 45 points à l'ordre du jour !

 

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27/10/2008

L'Italie en proie à de vieux démons

C’est à Predappio, bourgade de l’Emilie-Romagne, que se rassemblent trois fois par an les nostalgiques du Ventennio,  les reppublichini survivants de Salò, les militants actifs de Forza Nuova, MS-Fiamma tricolore, Lotta Studentesca, Movimento Idea Sociale, bref la « fine fleur » du fascisme non-repenti et du hooliganisme organisé. Ce dernier week-end ils étaient entre cinq et dix mille dans la ville natale de leur Duce, bannières italiennes au vent frappées du faisceau licteur, de l’aigle impérial ou de la croix celtique pour célébrer l’anniversaire (le soixante-huitième) de la marche sur Rome. L’église est présente : le père Luigi Tam  en soutane, emmène la procession des chemises noires jusqu’au cimetière ; il n’évite pas les questions de France 2 : « non, ce n’est pas de la nostalgie ni des sentiments, c’est une doctrine fondée sur les principes de la civilisation, Dieu, Patrie, Famille ». Autre propos  saisis le long du cortège : « il y a trop de démocratie et d’anarchie aujourd’hui »,  « pour ces délinquants étrangers il devrait y avoir un Mussolini pour les coller contre un mur ici sur la place du village et faire justice…on n’est plus chez nous ici en Italie ». Relent nauséabond des lois racistes en vigueur dès 1938 sous le régime du parti national fasciste.

Tempi passati dira-t-on.

Si de nos jours l’Italie est constitutionnellement ancrée dans la démocratie et que les droits de tous sont garantis, on constate une recrudescence d’actes de violences physiques ou symboliques à connotation raciste inquiétante.
Quelques exemples (Reppublica 25.10.08) :

- Rome 29 septembre : un baby gang tabasse aux cris de « sale nègre » un sénégalais de 44 ans devant le supermarché "Le Torri".       
- Rimini 2 octobre : des passagers d’un autobus protestent contre la présence du chauffeur ivoirien ;
ils quittent le véhicule en proférant des insultes racistes.
- Rome 3 octobre via Annunziata : apparaît tagué sur un bâtiment  « Anne Frank s’est suicidée »
- Turin 11 octobre : ouverture du procès de Paola Cavallo accusée d’injures et menaces envers une
Maghrébine : « Hitler avait raison » avait-elle éructé.
- Varese 13 octobre : une marocaine de 16 ans  tabassée dans un bus pour avoir occupé un siège auquel « elle n’avait pas droit en tant que non italienne ».
- Padoue 20 octobre : le bar des « Tre botti » affiche sur sa vitrine : « interdit aux nègres, aux repris de justice et aux irregolari (étrangers en situation irrégulière).
- Parme 8 octobre : un ouvrier ghanéen roué de coups dans le bus qui l’emmène à son travail.
- Venise 20 octobre : la Cour d’appel condamne le maire Lega Nord de Vérone, Flavio Tosi, pour propagande  d’idées fondées sur la supériorité ou la haine raciale ou ethnique.

Le président de la Chambre des députés Gianfranco Fini, fasciste repenti, leader d’Alleanza Nazionale, en visite à la synagogue de Rome s’est déclaré très alarmé : « Le racisme, comme la xénophobie, est une sorte de monstre qui peut ressurgir sous des formes et des modalités diverses. Il y a en Italie trop de démonstrations d’ignorance, de peur et d’aversion ».

…… tout passe…… pas vraiment hélas !
 

 

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24/10/2008

Tout est dans la nuance

Si ses électeurs et les membres de son mouvement citoyennement très genevois voient en lui Phoebus tant il rayonne et brûle de mille feux pour être vu et entendu, il est cependant loin d’égaler Madame Soleil.

Dans son blog du 18 octobre dernier, à la veille du scrutin, il sonnait l’olifant et annonçait : « Le MCG a la possibilité de venir le premier parti du canton. Utopique diront certains ! Mais les faits sont là » ; suivaient une série de chiffres et de pourcentages pour illustrer cette prophétie.

Et oui, les faits sont là : le peuple, auquel il en appelle sans cesse, lui a infligé un sérieux camouflet : le très genevois parti qu’il préside pointe au 9e rang des sièges obtenus. Il n’a cependant pas boudé la défaite : « nous serons les arbitres de la Constituante ». Chacun voit midi à sa porte.

Nouveau coup de clairon le 22 octobre ; cette fois il est injustement insulté par les SIG, lui qui ne fait que défendre la démocratie, comme d’autres l’ont fait avant lui, Clémenceau, Jaurès et Pierre Fatio.

Mazette… pas très pastel comme comparaison. Elle me rappelle une fable où il question d’un batracien et d’un bovidé.

… tout passe…

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19/10/2008

Surpris ? Pas vraiment.

Il faut être naïf, ignorant des réalités du terrain ou alors condescendant (voire méprisant) pour s’étonner ou s’inquiéter du franc succès remporté par la liste des aînés lors des élections à la Constituante.

L’AVIVO, enfant naturel du Parti du Travail (en pleine déroute lui)  accomplit sans relâche, avec un dévouement exemplaire, un véritable travail de fourmi depuis plus de 50 ans en faveur des plus défavorisés, des retraités, des pensionnés de l’AI ; elle fournit des prestations de conseils, d’accompagnement dans le domaine social, juridique, fiscal ; elle organise des sorties culturelles, des après-midi sportives, des excursions, des séjours de vacances.  Les couches de la population les plus touchées par la précarité, trop souvent désabusées, lassées par les querelles des forces politiques sensées les représenter (oui, oui, je regarde à l’extrême gauche) ont trouvé, hors de ces partis ou mouvements,  une occasion de faire entendre leurs voix de manière tonitruante.
 Le résultat de la liste emmenée par le président de l’AVIVO (que d’aucuns voulaient déjà diaboliser) ne «  m’empêchera pas de dormir » pour reprendre les paroles enflammées de Souhail Mouhanna sur la chaîne locale de télévision. Je ne suis pas dupe de ses propos. J’ai eu le plaisir de siéger avec lui sur les bancs du Conseil municipal de la ville de Genève ; c’est un homme d’une parfaite intégrité, d’une brillante intelligence ancrée dans de fortes convictions et, contrairement à ce que l’on croit, disponible au dialogue dans le travail de commission.

 En ce soir de Constituante  iln’est pas interdit de regarder  plus avant et d’anticiper une probable conséquence de ce vote ;  la victoire de l’AVIVO dessine un échafaudage solide, capable de fédérer un nouvel « oeucuménisme » à gauche de la gauche en vue des élections cantonales de l’an prochain ; cela représente, au bas mot, un bassin de voix de 15 %, aujourd’hui absentes du parlement et je ne suis pas loin de penser que le verdict de ces urnes d’automne va donner une sérieuse matière à réflexion dans les appareils politiques de ceux qui s’appellent les Communistes,  Parti du Travail ou SolidaritéS. La gestation d’une grande réconciliation devrait prendre forme ; elle sera douloureuse pour certains egos mais comme disait un compagnon du Grand Timonier « qu’importe qu’un chat soit noir ou gris pourvu qu’il attrape les souris ».

On parie ?

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16/10/2008

Le coût de l'Euro

Voulez-vous l'Eurofoot 2008 à Genève et si oui jusqu'à quel montant acceptez-vous que les collectivités publiques s'engagent ? Voilà les questions qu'on aurait dû poser aux citoyens il y a  quelques années. Il est certes facile aujourd'hui de dire cela en utilisant le conditionnel passé qui est d'abord un mode puis un temps de conjugaison totalement inutile (les regrets et la nostalgie ne sont pas des concepts opératoires dans les affaires de Res Publica). Genève s'est retrouvée avec un Euro sur les bras suite à  deux décisions : l'une prise à Berne tout en haut de l'Etat, celle d'engager la Suisse dans l'organisation de la manifestation. L'autre prise  par le Conseil d'Etat de la précédente législature, celle d'offrir la disponibilité de Genève et de son stade pour l'accueil de quelques matches.

Il faut aussi prendre en considération l'incompétence crasse du dpt fédéral des finances à évaluer les coûts de cette manifestation : on annonce d'abord un peu plus de 10 millions et on se retrouve à la sortie avec une facture qui dépassera probablement les 150 millions une fois que les comptes seront consolidés.


Pour Genève, selon le gouvernement, il faudra attendre la publication des comptes de l’Etat 2008 en mars prochain pour connaître le coût transversal de l’Euro (en espèces sonnantes ou en prestations non monétaires) à moins que la Cour des Comptes, suite à la saisine de la commission des finances du Grand Conseil, n’y parvienne d’ici fin novembre, prouvant en cela qu’avec seulement une douzaine de collaborateurs et trois magistrats elle est plus efficace que la pourtant compétente et nombreuse administration cantonale.


On n’a à ce jour que deux certitudes : l’impact finalement décevant sur l’économie genevoise (les hôteliers et les restaurateurs le reconnaissent) et le coût des heures supplémentaires de la police : 7,8mo. Le Conseil d’Etat souhaitait accorder une prime de 2500 frs par policier ; cette demande, refusée hier par la commission des finances du Grand Conseil, provoque la colère dans les rangs de la maréchaussée dont le président syndical avait peine à prendre la mesure du poids des mots ce jeudi matin sur les ondes entre courroux et déférence :

-« C’est scandaleux, une marque de dédain envers la police…….. je respecte cette décision. »

Va-t-on au devant d’un conflit social ? D’une grève ? Ce serait pour Genève une prime politiquement coûteuse qui viendrait s’ajouter à la facture finale que nous découvrirons bientôt….. dans les milieux autorisés on s’autorise à murmurer le chiffre de 30mo !

Les Verts n’ont jamais été des eurolâtres et nous nous permettons, avec modestie et humilité comme nous l’avions fait avant l’Euro, d’inciter à la prudence et à la lucidité, ceux qui aujourd’hui veulent nous embarquer dans une aventure olympique !  

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10/10/2008

Videosurveillance

Après un long mais intéressant débat de bonne tenue, le Grand Conseil genevois a adopté jeudi soir la loi sur la protection des données personnelles (LPDP) qui succède à la LIPAD, la complétant et l’améliorant ; très bonne loi au demeurant si elle trouve une meilleure application, plus rapide et plus achevée de la part des institutions publiques qui lui sont soumises. En effet la LIPAD, entrée en vigueur en 2002, a connu une mise en œuvre très variable, voire incomplète selon les institutions.

C’est bien entendu la problématique de la videosurveillance qui a suscité le plus de controverses au cours de la discussion parlementaire.
 
Ce système de surveillance largement étendu en Grande Bretagne (trois cent quarante-six mille cameras étaient recensées par le ministère en 2006 dont 74 % dans les lieux et établissements publics) porte en lui une étonnante contradiction comme l’ont fait remarquer les chercheurs G.Armstrong et Norris dans « The Maximum Surveillance Society » : « Une difficulté majeure est qu’il existe une confusion, voire une contradicition, concernant ce qu’on attend de la videosurveillance en ville. D’un côté, la capacité des cameras d’être les témoins d’incidents criminels devrait logiquement augmenter le nombre de crimes et délits ainsi enregistrés. D’autre part, la simple présence des cameras devrait dissuader les contrevenants potentiels d’agir, et donc diminuer le nombre de crimes et délits enregistrés. »  Surprenant non ?
D’un point de vue plus technique, la prétendue validité/efficacité de ce système de surveillance s’apprécie véritablement dans les salles de contrôle ; il a été constaté (toujours en Grande-Bretagne) que le nombre d’écrans installés dans ces salles ne correspond pas au nombre de cameras en opération (certains système évalués par M. Gill et A. Spring  présentaient un ratio de dix-sept cameras pour un écran ; pour la plupart il était de deux à cinq cameras pour un écran). Conséquence prévisible : les images de la majorité des cameras échappent aux contrôleurs puisqu’elles ne sont pas affichées ; de plus on a de la peine à croire qu à longueur de journée et avec la même attention ces contrôleurs puissent surveiller plus d’un écran à la fois. (Pour davantage de détails sur la videosurveillance en Grande Bretagne consulter le Monde diplomatique de septembre 2008).
Bien entendu on rétorquera que le système mis en place à Genève sera techniquement raisonnable, facilement et humainement praticable, financièrement supportable…. Y en n’a point comme nous ! Ce que l’on connaît à ce jour c’est coût du projet Cyclope, (partiellement utilisé pendant l’Euro paraît-il) : plus de 4 millions. Avec cette somme, combien de gendarmes pourrait-on engager pour une véritable sécurité de proximité sous la forme de l’îlotage ?

J’appartiens à un courant de pensée qui est viscéralement attaché à la protection de la sphère privée des individus, à la liberté d’aller et venir sur le domaine public sans être soumis à l’œil intrusif d’une camera. Vivre sa ville sous un système de videosurvellance signifie qu’en permanence le citoyen, le badaud, le passant sera : observé, regardé, guetté, remarqué, épié, lorgné, reluqué, surveillé, examiné, toisé, espionné, filmé, enregistré ; puis pendant sept jours, visionné, dévisagé, isolé, distingué, identifié, trié, catalogué……   peut-être fiché !
Les démocrates un tant soit peu libertaires ne veulent pas être soumis à cette surveillance technologique qui menace notre liberté !    

 

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08/10/2008

Hâte-toi lentement, cher Parlement !

Le Grand Conseil genevois tient session plénière cette semaine avec deux sujets qui risquent de mobiliser bonne partie du temps à disposition des élus : la loi sur la protection des données personnelles qui sera traitée en urgence promet un débat long et animé (particulièrement sur l'aspect videosurveillance) et probablement celle que le Conseil d'Etat souhaite pouvoir appliquer dès 2009 à savoir l'introduction du 13ème salaire ; elle sera vigoureusement combattue et amendée par la droite de notre Parlement (UDC et parti libéral).
Mon propos n'est pas d 'exprimer un avis développé sur ces sujets mais de mettre en évidence que, compte tenu du temps nécessaire pour que ces deux importants sujets soient votés, il sera difficile à notre énergique présidente d'épurer significativement l'ordre du jour (pour mémoire lors de la session de septembre le projet modifiant la loi sur les allocations familiales a occupé les députés pendant toute une soirée).
Soyons un peu précis : le mois dernier, l'ordre du jour comptait 221 points ; ce mois d'octobre on en dénombre 154. Savez-vous combien d'objets (motions, pétitions, résolutions, projets de loi) sont en suspens (j'allais dire en souffrance) dans les différentes commissions du Grand Conseil ? Tenez-vous bien, je tiens ce chiffre de source autorisée, ..... quatre cent cinquante-trois (453 vous avez bien lu !). On est au bord de l'asphyxie.
Il convient de revoir le fonctionnement de l'institution parlementaire, ses horaires de travail et d'aborder sans tabou le statut de milicien des élus afin que le temps politique soit en meilleure adéquation avec le temps que vivent nos concitoyens.
Et n'attendons pas quatre ans que la solution sorte de la Constituante !

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