germinal01

05/10/2015

Le monde culturel genevois en ébullition.....

"L'Usine entre en guerre avec le canton", lit-on dans le quotidien bleu ce matin.
Les supporters de la Nouvelle Comédie (et j'en suis) se réunissent jeudi à l'heure du plat du jour sur la Plaine de Plainpalais, apprend-on.
La campagne de "sensibilisation" au projet d'agrandissement/rénovation du Musée d'Art et d'Histoire prend forme (je suis également supporter de ce projet....mais pas hooligan, moi).

L'Etat et la Ville sont concernés, impliqués, "interpellés à quelque part" comme disent les invertébrés.


Oui M'sieurs dames, concernés.

Les collectivités publiques précitées sont en effet directement concernées (comme l'ACG) car il existe depuis quelques années une loi sur la culture (art. 2 : loi cadre*)) que je connais d'ailleurs fort bien puisque j'en ai rédigé l'amendement général en commission DIP/culture/sports.
L'alinea 1 de l'article 4 prévoit : "En concertation avec les villes et le communes, le canton établit une politique culturelle coordonnée notamment par la répartition des compétences entre les collectivités publques."
L'alinea 2 est, lui, dangereusement précis : "Sur cette base (la base c'est le résultat de la concertation), le canton  fixe les grandes orientations de sa politique culturelle ainsi que les mesures de financement y relatives, tous les quatre ans dans le programme de législature."
Le rapport de ce projet de loi 10908 a été déposé le 7 janvier 2013 par l'excellente Esther Hartmann....et c'est à fin 2015 (3 ans plus tard à la louche) que le Grand Conseil va débattre enfin de cette fameuse répartition des compétences dont parle l'article 4 alinea 1.

Mauvais procès en Comédie

Tout le blabla qui précède pour démontrer que l'Etat, ne lui en déplaise, ne peut, à la lettre de la loi,  se prévaloir d'aucun leadership, (on pourrait ajouter que son "budget culturel" est très "fit" par rapport à celui de la Ville de Genève - 69,2 mo contre plus de 200 mo -)...mais aussi pour dire l'on instruit en ce moment un mauvais procès au PLR.
Ses députés souhaitent repousser le vote d'une subvention d'investissement pour la Nouvelle Comédie (40 mo) après le débat parlementaire sur les compétences de chaque collectivité : Etat, Ville de Genève, communes (via ACG). D'un point de vue politique général et prospectif cela semble raisonnable.
La véritable question que l'on doit adresser à la droite traditionnelle c'est : voterez-vous ces 40 mo après le débat du Grand Conseil sur les compétences des collectivités publiques ?

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On ne se trompe pas...

...en répondant non. Le PLR, après un solide débat interne et intervention probable du président du Conseil d'Etat, transigera sans doute et proposera probablement une somme de 15-20 millions, pas davantage. Les tenants de la discussion Opinel en main comptent encore des samouraïs dans le parti infusé (et non pas fusionné).
Ceux qui s'opposeront  fondamentalement ce sont l'UDC et le MCG au nom du "On ne peut pas tout faire". (Une députée UDC, Mme Meissner, nous a même fait découvrir qu'il y aurait des frais annuels pour faire fonctionner la Comédie ...merci on n'y avait pas pensé).

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So what ? (magnifique thème de Miles Davis)

Il va donc manquer entre 20 à 25 mo à la Ville de Genève pour financer son projet (beau projet) de Nouvelle Comédie. Le Conseil administratif devra présenter une demande de crédit supplémentaire au Conseil municipal et s'exposer à un risque de referendum de la droite poujadiste et/ou de la droite patriote.
Le CA peut éventuellement se livrer à un exercice de "glisse" (la neige est bientôt là) dans le budget des investissements malgré l'étanchéité des lignes budgétaires. Là, c'est une saisine de la Cour des comptes qui lui pend au nez.

Blèfle...la situation n'est pas des plus favolables, comme disait Georges Perec.

Genève mérite une Nouvelle Comédie, un Pavillon de la danse, un MAH rénové et agrandi, un Grand Théâtre rafraîchi....et aussi des équipements sportifs renouvelés et fonctionnels c'est ce que souhaitent de larges mais très diverses franges de la population.

Un politique d'investissement ambitieuse s'impose !

* une loi-cadre nécessite en général un règlement ou une loi d'application. Le règlement est de la compétence du Conseil d'Etat, la loi de la compétence du grand Conseil.

......tout passe.....

 

 

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