germinal01

01/08/2010

Savez-vous ce qu'est laSuisse ?

Reprises à l'occasion de la fête nationale les réponses de personnalités politiques genevoises extraites de "Douze questions dans la sciure".

Heureux 1er août à toutes et tous.


 

. « Je crois finalement que je suis de Belgique, même si on ne sait pas très bien ce qu’est la Belgique on peut dire que l’on est Belge. » (Amélie Nothomb)
Savez-vous ce qu’est la Suisse ?

Le seul pays d’Europe à ce point démocratique qu’il ne s’est jamais hasardé à vouloir un roi.
François Longchamp, président du Conseil d’Etat de la République et canton de Genève

Vingt-six cantons, toutes leurs différences, attachantes et parfois agaçantes… des étrangers parfois plus suisses que les Suisses… toute cette diversité, cette cacophonie parfois, qui font que la Suisse existe malgré les esprits chagrins. J’aime la Suisse pour sa complexité.
Martine Brunschwig Graf, conseillère nationale, Genève

La notion de « Willensnation » me convient bien. L'originalité et la richesse de la Suisse ce sont ses institutions, dès lors qu'il n'existe pas de langue, de littérature ou de musique « suisse ».
Robert Cramer, conseiller aux Etats, Genève

J’aime cette phrase d’Amélie Nothomb ; je pourrais la reprendre entièrement à mon compte, sauf que je ne suis pas … belge ! Je suis suisse et j’aime cette idée, ce sentiment d’appartenance à une communauté de destin qui traverse les classes sociales, les langues, les cultures et les générations passées et futures. Il ne faut jamais se laisser figer dans une identité exclusive. Notre identité est ce mélange multiples appartenances permanent de nos.
Sandrine Salerno, maire de la ville de Genève

 

La Suisse, c’est d’abord et surtout une certaine idée du « vivre ensemble », de la volonté résolue et du goût de l’effort.
Pierre Maudet, conseiller administratif Ville de Genève

Le produit d'une longue histoire, marquée par un pragmatisme à toute épreuve.
Une construction étatique qui doit son existence à la volonté de quelques visionnaires capables de déplacer des montagnes – ah, non, justement pas: capables de composer avec les montagnes (et les montagnards) dans leurs projets.
Une anomalie : un si petit pays, une si petite population, en plein cœur d'une Europe de grandes puissances, qui veut jouer dans la cour des grands et agace un peu tout le monde.
Le mélange étonnant de la couardise du caissier et du courage de l'alpiniste.
Des paysages d'une beauté renversante.
Un enchevêtrement de cultures, de langues, de traditions, d'immigration, de niveaux de richesse, qui provoquent tout à la fois de forts sentiments identitaires et une grande ouverture à la diversité.
Une terre d’asile, une terre d'émigration, une terre d’immigration.
Un lieu sûr pour ceux qui pensent que l’argent n’a pas d’odeur.
Fabienne Fischer, présidente des Verts, ville de Genève

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Commentaires

Une seule question: peut-on encore parler de "personnalités politiques"?

Écrit par : Viktor | 01/08/2010

Du "bla-bla", toutes les personnes interrogées ci-dessus sont pour l'adhésion de la Suisse à l'UE, soit, très concrètement, pour l'abandon et la dilution de nos principes démocratiques au profit du système politique autocratique de l'Europe. Ils parlent de respect des autres, de willensnation et de vivre ensemble, ils ne cessent de tenter de manipuler dans leur propre pays leurs concitoyens qui ne sont pas acquis à l'adhésion. Je crois qu'aucune des personnes citées ci-dessus ne porte vraiment dans son coeur les principes de la démocratie directe. Je n'accorde aucun crédit à leurs propos.

NB. Et je passe sous silence les propos stupides et inconscients du type, la Suisse "Un lieu sûr pour ceux qui pensent que l’argent n’a pas d’odeur". La Suisse a aujourd'hui les règles les plus strictes du monde en matière de blanchiment d'argent. Les politiciens feraient peut être bien d'aller lire les lois de temps en temps, mais il semble que pour certains se soit trop demander.

Écrit par : 022 | 01/08/2010

La Suisse est devenue le pays où les trafics se passent, du simple deal dans la rue, de l'arnaque des Bonneteau ou des faux anneaux en or des Roms à de plus sérieux business tous illégaux, d'armes, de drogue, de prostitution, de blanchiment d'argent. On peut encore dormir sur nos deux oreilles car la tranquillité des citoyens est assurée mais à consulter les témoignages d'habitant de Perpignan (France) et cela fait froid dans le dos http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2010/07/31/01016-20100731ARTFIG00004-insecurite-c-etait-intenable-nous-sommes-partis.php. Espérons que nos chers politiciens le liront et verront qu'il faut désormais anticiper les problèmes et non pas les laisser sans réponse et sans action.

Écrit par : Suissitude | 02/08/2010

La Constitution suisse est à l'origine de la Constitution américaine. Il ne faut pas oublier même pour les grincheux ci-dessus que nous ne pourrons jamais faire partie de l'Europe, dû fait de notre Neutralité et des différents droits d'initatives et autres qu'ont les Suisses. Par contre et pour les autres grincheux, il faudrait qu'ils sachent que nous avons des lois qui protègent les particuliers, mais que le secret bancaire dont se gausse pas mal de pays européens et une des lois les plus sévères et il serait très intéressant que l'Europe balaie devant sa porte, car les européens ont tendance à oublier les différents paradis fiscaux qui en font partie comme l'Ile of Man, Monaco, Liechtenstein et j'en passe et des meilleurs. Pays dans lesquels vous pouvez ouvrir des comptes sans passeport.

Écrit par : raymond | 02/08/2010

La Constitution suisse est à l'origine de la Constitution américaine. Il ne faut pas oublier même pour les grincheux ci-dessus que nous ne pourrons jamais faire partie de l'Europe, dû fait de notre Neutralité et des différents droits d'initatives et autres qu'ont les Suisses. Par contre et pour les autres grincheux, il faudrait qu'ils sachent que nous avons des lois qui protègent les particuliers, mais que le secret bancaire dont se gausse pas mal de pays européens et une des lois les plus sévères et il serait très intéressant que l'Europe balaie devant sa porte, car les européens ont tendance à oublier les différents paradis fiscaux qui en font partie comme l'Ile of Man, Monaco, Liechtenstein et j'en passe et des meilleurs. Pays dans lesquels vous pouvez ouvrir des comptes sans passeport.

Écrit par : raymond | 02/08/2010

La Constitution suisse est à l'origine de la Constitution américaine. Il ne faut pas oublier même pour les grincheux ci-dessus que nous ne pourrons jamais faire partie de l'Europe, dû fait de notre Neutralité et des différents droits d'initatives et autres qu'ont les Suisses. Par contre et pour les autres grincheux, il faudrait qu'ils sachent que nous avons des lois qui protègent les particuliers, mais que le secret bancaire dont se gausse pas mal de pays européens et une des lois les plus sévères et il serait très intéressant que l'Europe balaie devant sa porte, car les européens ont tendance à oublier les différents paradis fiscaux qui en font partie comme l'Ile of Man, Monaco, Liechtenstein et j'en passe et des meilleurs. Pays dans lesquels vous pouvez ouvrir des comptes sans passeport.

Écrit par : raymond | 02/08/2010

Savez-vous ce qu'est la Suisse ? Quelle belle question Monsieur Lozio. Et vous politiciens de tous bords, comment définissez-vous la Suisse lorsque vous vous invitez à suggérer une réponse à la question posée?

Si l’on peut louer quelque peu celui d’entre vous qui ose poser la question aux autres, il n’en va pas de même de ceux qui s’essayent à y répondre.

Je ne vois là en guise de réponse que des propos faciles, vite écrits. C’est que pour obtenir votre réélection votre temps vaut de l’or. Elle a un prix, qui se chiffre ici en lignes. C’est qu’il faut courir pour en serrer des mains dans le parti, pour ne pas se faire éliminer sur sa propre liste; c’est qu’il faut converser sur un maximum d’autres blogs ou inviter sur facebook à tour de bras et y dire ce que l’on fait au quotidien pour se faire ajouter sur les listes des autres; et finalement corvée coutumière nécessaire, c’est qu’il est également indispensable d’aller se trémousser dans la rue sous les yeux des électeurs. Tout cela prend du temps. En conséquence, la ligne sur un seul blog coûte cher. On n’attend dès lors assurément pas de vous que vous soyez prolixes.

En échange de la quantité, nous faites-vous la grâce de nous illuminer par la qualité de vos propos ? J’ai beau lire et relire vos réponses, je ne comprends pas les fables que vous racontez. Vos phrases sont creuses, vides de toute substance. Je ne lis là que des niaiseries, politiquement correctes et dans l’air du temps, qui ne froissent personne et qui satisfont tout le monde. J’oublie que votre réélection est très certainement plus précieuse que le rappel des idées fondamentales qui font la Suisse, idées que vous foulez aux pieds jour après jour par vos votes et vos décisions. Au-delà du temps, il faut également gérer l’image. Bref, je ne lis là que les galimatias habituels de politiciens.

Pour savoir ce qu’est la Suisse, il suffit de partir brièvement de son origine et des belles idées qui la fondaient et de voir ce que vous en avez fait, vous les politiciens de tous bords. A cet effet, vous me permettrez quelques lignes de plus que vous. C’est que moi j’ai plus de temps, je n’ai pas à courir les faveurs des électeurs pour me faire élire.

Dans vos options politiques vous feignez de ne pas savoir que la Suisse est une démocratie directe organisée en confédération constitutionnelle. C’est le mélange d'un héritage lointain presque éteint des Waldstättens, et, plus proche et encore vivace, des pères fondateurs américains. Et quel est cet héritage?

La Suisse c’est l’indépendance d’un peuple, qui a décidé il y a bien longtemps de refuser les baillis et les juges venus d’ailleurs. De cette indépendance vis-à-vis de l’extérieur, s’en est suivie une liberté individuelle à l’intérieur.

La Suisse, depuis 1848 n’est ainsi rien d’autre que l’implémentation de libertés fondamentales dans un système juridique, d’aucuns diront des institutions, libertés qui sont garanties à chacun contre les immiscions des autres et leurs tendances à réduire ces libertés, à quoi s’ajoutent quelques spécificités comme l’initiative et le référendum. Ces libertés sont analogues à celles de la constitution des Etats-Unis de 1776 et ont de ce fait une fonction similaire. Elles ne sont certes plus dirigées contre le roi Georges et ses taxes iniques, mais vous avez oublié politiciens qu’elles sont toujours dirigées contre le pouvoir et ceux qui l’exercent, c’est-à-dire contre vous. C’est parce que vous en êtes la menace la plus dangereuse lorsque vous exercez le pouvoir, que le système est censé nous protéger contre vos actions et donc limiter votre activité. Vous avez oublié que c’est vous qui occupez la fonction du roi Georges aujourd’hui.

La Suisse, c'est dès lors un système, qui permet à la société civile et à ses membres de s'organiser comme bon leur semble sans contrainte permanente de l'état, comme disaient de Toqueville ou Cohen Tanugi lorsqu'ils comparaient, la France jacobine et centralisée à la société civile américaine libre de laquelle nos ancêtres se sont inspirés.

La Suisse, pour ce faire, c'est une limitation de l’activité de l’état. La Suisse c’est un état minimal pour sortir de l’anarchie destructrice, mais qui doit être le plus petit possible, afin d’éviter qu’au terme de sa croissance il annihile ceux qui en sont la source, les citoyens et leurs libertés. Le meilleur des gouvernements est celui qui gouverne le moins, disait David Henri Thoreau. Vous feriez bien de vous en inspirer, vous qui entendez étendre encore et encore dans tous les domaines le rôle de l’état en Suisse et de facto votre pouvoir sur nous.

La Suisse, parce que ceux qui ont été au pouvoir en ont abusé de tous temps, c’est une organisation du pouvoir tel qu’il soit fractionné au maximum pour en limiter l’impact des abus. Le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument, disait Lord Acton. Et bien la Suisse c’est le fractionnement du pouvoir le plus élevé que l’on puisse concevoir afin d’en éviter les effets liberticides lorsque ceux qui l’exercent en viennent à être corrompus et de ce fait à en abuser. Ce fractionnement a été conçu soit verticalement par le fédéralisme soit horizontalement par la séparation des pouvoirs, chère à Montesquieu, de façon à protéger les citoyens contre leur concentration. D’une part, il maintient autant que faire se peut le pouvoir aux niveaux inférieurs. Ceci permet de le répartir entre beaucoup de personnes au niveau local et de le maintenir proche des citoyens pour qu’ils puissent mieux le surveiller. D’autre part, au-delà de séparer votre activité sous la forme de deux fonctions distinctes, ce fractionnement confie à des juges indépendants une partie de la tâche de contrôler votre activité et de nous en protéger.

La Suisse c'est donc, entre autres, un système de protection des individus -inspiré du bill of rights anglais et des écrits de Beccaria- contre l'embastillement arbitraire et le fait du prince. N’en déplaise aux gardes-chiourmes radicaux-libéraux, c’est le droit de ne pas être enfermé durant des mois sans avoir accès à un juge, même si l’on est noir ou arabe multi-récidiviste à Genève.

La Suisse, c'est encore un droit de propriété et une liberté économique dont la protection fondait le contrat social au sens de John Locke. N’en déplaise aux sophistes socialistes, c’est l’économie de marché dont l’efficacité a été démontrée par les économistes et dont les bienfaits ont été vulgarisés par des gens comme Adam-Smith, Milton Friedman ou Von Mises.

La Suisse, c'est aussi la liberté de croire au surnaturel, et surtout, n’en déplaise aux cénobites PDC, de ne pas y croire, gagnée grâce au combat de gens comme D'Holbach ou Spinoza contre les talibans un peu protestants, mais surtout catholiques.

La Suisse, n’en déplaise aux zélotes UDC, c’est la liberté de vivre sa vie sexuelle et privée en dehors de toute morale imposée de l’extérieur, liberté obtenue au prix d’une déviance difficile à supporter au commun des mortels, mais que des libertins comme le comte de Rochester ou Oscar Wilde ont dû affronter.

La Suisse, du moins à son origine, c'était l'expression du plus bel appel à la liberté qu’ait connu l’humanité dans son histoire. En résumé, la Suisse c'était un rêve : le rêve de Spartacus de vivre enfin libre ; le rêve du passage de l’autonomie du premier peuple d’Europe en tant que peuple libre, à l’affranchissement de ses individus grâce aux libertés fondamentales empruntées aux américains ; le rêve de l'incarnation dans l'état de droit d'une organisation civile libre inspirée des lumières et des esprits brillants qui leur ont fait honneur en marchant dans leurs traces les siècles suivants.

Mais ce système possède une faille que vous avez su exploiter. Nos ancêtres ont mis dans les mains de ceux contre qui les libertés fondamentales étaient dirigées la lourde tâche de les garder. Un politicien dont je ne me rappelle plus le nom disait que c’est comme confier à Dracula les clés de la banque du sang. Constant l’avait compris, lui qui disait que nous nous sommes trompés en déplaçant le pouvoir d’un puissant despote unique vers de multiples petits tyrans, lui qui avait compris qu’au lieu de déplacer le pouvoir il fallait le détruire. Nos ancêtres ont commis l’erreur d’introduire le loup dans la bergerie pour défendre les brebis.

Et qu'en avez-vous fait de la Suisse, vous, politiciens de tous bords, une fois dans la bergerie je vous le demande?

Vous vous en êtes approprié les institutions en voulant diriger le peuple à sa place. Vous avez prétendu, comme des démiurges, savoir où était le bien des individus ; vous avez prétendu être les plus sages d’entre les sages, en réquisitionnant le droit de façonner de force le peuple aux contours de votre morale bienfaitrice, parce que comme Rousseau vous le voyez avili et immoral donc à corriger; vous avez prétendus être une élite bien pensante et intelligente qui se devait de protéger les gens contre eux-même, parce que comme Marx ou Platon, vous voyez les gens du peuple immatures, ignares, irresponsables, stupides et incapables de se prendre en main et de prendre soin d’eux-mêmes. Alors, vous vous êtes tous projetés en petit père des peuples ou en berger çelà dépend de vos doxèmes. Tantôt Mao ou tantôt Moïse, c’est selon, mais toujours chez chacun de vous la croyance fermement ancrée dans votre esprit que vous êtes le meilleur guide possible accompagné réciproquement de vos fidèles camarades ou apôtres. A tous ces titres, vous avez confisqué la décision en prétendant le faire dans l’intérêt des gens. Mais votre soi-disant intelligence ne conçoit pas que votre prétention conduise à la mort de la république démocratique, car si les gens ne savent pas prendre soin d’eux-mêmes, comment alors les laisseriez vous voter dans la confection des lois pour prendre soin des autres ? Je dis, que vous n’êtes ni saints ni anges pour savoir mieux que les gens où se trouve leur intérêt. Je dis qu’il appert à tout homme ou femme censé(e) qu’il n’y a en réalité pas mieux placé que soi-même pour savoir où est son propre intérêt. Dire le contraire, c’est vous prendre pour Dieu.

Vous vous en êtes approprié les institutions encore, en vous organisant en partis politiques, afin que la bande de vautours désordonnés que vous êtes puisse tirer les ficelles comme un seul homme dans tous les pouvoirs. J’en veux pour preuve que, non contents d’avoir investi sous la forme de partis l’exécutif et le législatif, vous en êtes aussi dans la république genevoise à placer vos juges et vos procureurs comme des pions, afin de contrôler le troisième pouvoir théoriquement indépendant des deux autres. Je dis, ce qu’Ostrogorski ou Michels avaient pressenti en parlant des partis politiques, que vous avez anéanti le principe de la séparation des pouvoirs en agissant de la sorte afin de contrôler les trois pouvoirs comme une seule tête et avec une seule main. Dire le contraire, c’est nous prendre pour des imbéciles.

Et qu'en avez-vous fait encore de la Suisse, vous, politiciens de tous bords, une fois les institutions en votre possession, je vous le demande?

Vous en avez inversé les principes pour concentrer encore plus le pouvoir. Dans un exercice de mauvais contorsionnistes vous avez organisé l'état de façon à ce que le niveau fédéral ait avec le temps le maximum de pouvoir en son sein et que les cantons et les communes en aient le moins possible. Vous avez concentré le pouvoir et en avez éloigné les citoyens. Dans la Suisse de 1848, le niveau fédéral ne comptait qu’une cinquantaine de fonctionnaires et ne s'occupait presque que d'organiser l'armée et battre la monnaie. Aujourd’hui les communes en sont limitées à décider du nombre de parking que l’on doit mettre devant un immeuble. Non content du résultat qui aura enlevé bientôt toute portée à l'article 3 de notre constitution fédérale, vous voulez encore expédier le pouvoir un étage plus haut -en l’occurrence à Bruxelles- et passer l’éloignement du citoyen de l’unité de la centaine à celle du millier de kilomètres. Vous voulez par là même mettre fin au référendum et à l’initiative, seules particularités de la Suisse, qui donnent encore à ses citoyens un semblant de contrôle sur vos activités. Je dis que vous avez oublié que le pouvoir doit aller vers le bas et non vers le haut, parce qu’il existe un niveau encore plus bas que la commune, qui donne sa raison d'être à tous les autres : c’est le niveau des individus détenteurs des libertés fondamentales qui devraient être libres de décider pour eux-mêmes. Je dis que ce qui fonde le fédéralisme, c’est le maintien du pouvoir le plus proche possible de sa source, à savoir les citoyens. Dire le contraire c’est nier que le pouvoir ne se crée pas ex nihilo mais qu’il émane des citoyens et qu’il vous est délégué.

Vous en avez aussi dénaturé les principes en prétendant qu'il existe un intérêt public, qui justifie que vous sacrifiez les intérêts de quelques uns au profit des autres. C’est le chemin qui conduit à la raison d’état, en fait la vôtre, où tous les individus sont finalement sacrifiés à la collectivité abstraite. Je dis qu'il n'existe aucun intérêt public qui ne soit le cumul de l'intérêt des individus. Dire le contraire c’est confondre l’état et les individus.

Et qu'en avez-vous fait encore de la Suisse, vous, politiciens de tous bords, une fois le pouvoir concentré et mieux organisé avec pour leitmotiv le sacrifice des uns à l’intérêt public, je vous le demande?

Vous en avez fait un léviathan en faisant semblant d’oublier que la protection des citoyens a pour corollaire un état le plus petit possible. Pour accroître votre emprise sur nous, vous avez multiplié et étendu l’activité de l’état à toutes sortes de contenus fantaisistes. A chaque problème qui est survenu aussi petit fut-il, vous vous êtes agités, vous vous êtes démenés, et alors vous avez légiféré encore une fois, pour prendre le contrôle d’une part supplémentaire de notre vie par la loi. Vous légiférez tellement que mêmes les jurisconsultes n’y comprendront bientôt plus rien. Ces lois ont à chaque fois justifié à leur tour une nouvelle activité de l’état qui leur correspond. Vous avez donc inventé des services publics à tire-larigot. Vous avez transformé la Suisse en une deuxième France. Vous avez levé une armée de fonctionnaires et vous les menez à la bataille comme on mène des soldats. Mais qui est votre ennemi ? Nous ne sommes pas dupes, votre ennemi n’est autre que la société civile. Si dans la plupart des guerres modernes, il meurt plus de civils que de militaires, votre champ de bataille a ceci de particulier que n’y meurent que des civils. Aucun de vos fonctionnaires n’y laisse la vie et tous sont là pour réclamer leur solde à la fin due chaque combat. Votre guerre compte pour seules victimes les contribuables que vous prétendez aider avec vos services publics. C’est que pour payer vos fonctionnaires vous avez dépensé nos deniers sans compter. Je dis comme Lord Acton que lorsqu’une loi n’est pas rigoureusement indispensable, il est indispensable de ne pas faire de loi. Je dis que vous avez étendu l’état comme s’étend la mafia en Calabre, pour le plus grand malheur de ses habitants. Dire le contraire, c’est nous conduire à la ruine et nous asservir en prétendant nous servir.

Vous en avez détourné petit à petit le fonctionnement, de façon à faire perdre à la loi sa fonction et sa raison d'être. La loi, disait Paine, doit servir à permettre aux individus d'exercer leurs libertés avec pour seule entrave de concéder un exercice équivalent de libertés pour les autres. Le droit, disait Kant, c'est le système qui permet aux libertés des uns de s'accorder aux libertés des autres. La loi, ce devait être l’organisation de la force publique pour protéger les citoyens et leurs libertés, notamment contre les voleurs, les brigands et les escrocs. Mais non, pour vous, plutôt que l'organisation de la protection des libertés partagées, la loi c'est l'organisation de leur pillage. Pour vous la loi c'est un moyen de coercition organisée au détriment des autres citoyens pour la distribution de prébendes, subventions, tarifs protecteurs et autres bénéfices, au profit de la clique des intéressés qui naviguent dans votre sillage et vous hissent au pouvoir. Pour vous, la loi sert au malandrin qui vous a élu à pouvoir faire appel à la force publique lorsque sa victime refuse de se laisser plumer gratis alors que votre loi l’ordonne. C’est pourquoi, les élections successives ne sont depuis longtemps plus qu’une mascarade ridicule, mais toujours dangereuse, qui consiste à demander aux électeurs quel groupe d’intérêt entrera dans les arcanes du pouvoir pour y façonner la loi à sa façon et à son avantage, pour le temps d’une législature. Et c’est pour cela que maintenant tous sont intéressés à la confection de la loi, car tous veulent en être les bénéficiaires et craignent d’en être les victimes. Dès lors, vous n’êtes pas seuls à tenter de mettre la main sur la loi, vous luttez entre vous dans l’arène qui sert de parlement, comme une meute de chiens affamés se déchire pour ronger un os. Je dis, comme disait déjà Bastiat de vos confrères en son temps, que vous avez détourné la loi de sa fonction et en avez fait l’outil de la spoliation et de l’injustice. Dire le contraire, c’est ne rien comprendre à ce que devrait être la loi.

Et qu'en avez-vous fait finalement de la Suisse, vous, politiciens de tous bords, une fois l’injustice introduite et disséminée par vous partout dans la loi, je vous le demande?

Vous en avez annihilé l’essence en confondant république protectrice et démocratie tyrannique, en permettant que la majorité et ses représentants décident de faire ce qu'ils veulent à la minorité. Je dis moi, que le consensus moins une personne ne permet pas de brader les intérêts de celle-ci au bénéfice des intérêts de tous ceux-là. Je dis que la Pareto-optimalité est de mise et que l’utilitarisme Benthamien est à jeter aux ordures. Dire le contraire, c’est assassiner les libertés fondamentales des individus en acceptant que la maximisation de l’utilité du plus grand nombre justifie la réduction jusqu’à peau de chagrin de l’utilité du plus petit nombre.

Vous en avez alors annihilé les libertés, en permettant par cette démocratie tyrannique le retour de l’exploitation des uns par les autres que le système voulait évincer une fois pour toutes. Vous avez en effet décrété à coups d’impôts de plus en plus lourds sur les uns et de redistribution à tout va aux autres, que l’effort des premiers appartenait aux seconds. Je dis avec Ayn Rand que cette conception de la vie collective revient à accepter que le corps des uns et l’utilisation de leurs capacités ne leur appartiennent plus mais appartiennent à d’autres. Je dis que vous avez inventé l’esclavage moderne par la solidarité contrainte et forcée. Dire le contraire, c’est accepter que les autres ont des droits plus élevés sur soi que soi-même.

Vous en avez annihilé les libertés encore, en permettant toujours par cette démocratie tyrannique de mettre à mal la liberté religieuse. Je prends à témoin la minorité musulmane contre qui vous avez laissé voter une initiative qui est une hérésie juridique dans notre état de droit. J’entends encore un célèbre UDC valaisan dire que, de remettre en question le vote du peuple quant au sujet des minarets, c’est contester le peuple souverain. Et le peuple a toujours le dernier mot, dit-il fièrement. Je dis moi, que c’est l’individu qui doit toujours avoir le dernier mot pour ce qui le concerne, lorsque cela n’affecte en rien les libertés des autres. Dire le contraire, c’est accepter que la minorité juive soit mise dans des camps parce que la majorité allemande l’a voulu.

Vous en avez annihilé les libertés encore, en réintroduisant le délit d’opinion. Je n’ai qu’à citer l’article 261bis CP à son quatrième paragraphe in fine pour le démontrer. Celui qui nie un génocide risque la sanction. Bien sur, il se trompe. Cela mérite-t-il la prison ? Dans votre infinie sagesse de paysans du droit vous avez dit que oui. Par contre, celui qui nie que les gens meurent du sida ne risque rien. Ne se trompe-t-il pas aussi ? Allez comprendre. Mais ce que l’on saisit avec certitude et qui nous saisit à notre tour d’effroi, c’est qu’en mettant le pied dans l’engrenage du délit d’opinion, demain, selon la morale de celui qui décidera, tout et son contraire pourra être censuré. Vous avez beau nous certifier que non, personne ne vous croira. Je prends ainsi à témoin Dieudonné ou l’UDC avec ses affiches, scandaleuses par ailleurs, que l’on a selon les endroits, voulu interdire sans réussite ou fait interdire avec succès. J’entends encore un socialiste lausannois dire un jour qu’il est favorable à la pluralité des opinions et la semaine suivante vouloir interdire celles qui ne cadrent pas avec sa morale. Je dis, en citant Maître Bonnant, que l’on ne combat pas les inepties par l’interdiction mais par la contradiction. Je dis en écho à la cour européenne des droits de l’homme, que la liberté d’expression c’est la liberté de dire des choses qui choquent ou qui heurtent la morale ou la sensibilité. Je dis avec Voltaire, que je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais que je me battrai jusqu’à la mort pour que vous puissiez vous faire entendre. Dire le contraire, c’est faire machine arrière vers le moyen-âge, en tuant tout d’abord le débat d’idées salutaire à toute république démocratique, ensuite en interdisant par la mise à l’index, et enfin en brûlant l’autre sur le bûcher pour délit d’opinion après n’avoir pas manqué de le passer à la question.

Mais on vous concédera pour excuse, vous les politiciens de tous bords, que vous ne comprenez rien à la liberté et donc à la Suisse, vous qui fêtez en grandes pompes le 500ième de Calvin et de son académie avec l’argent des contribuables, plutôt que de rendre hommage à Michel Servet pour pas un sou. Quoi de plus normal lorsqu’on est liberticide que de scander les louanges de celui qui jugeait conforme à sa morale de condamner à la noyade dans le Rhône les homosexuels pour le vice de sodomie ? Quoi de plus normal que d’oublier celui qui a fait face à Calvin en réclamant un peu de liberté lorsque la chape de plomb religieuse s’abattait sur Genève et qui a été mis à mort pour ses idées au nom de celles de Calvin, comme vous mettez à mort nos libertés au nom de vos propres idées.

Vous avez assis sur le banc des accusés nos libertés et fait leur procès alors que c’est vous qui ce faisant étiez les vrais coupables. Avec la peine de mort que vous n’avez cessé de vouloir appliquer sans discernement et sans ménagement aucun à nos libertés jusqu’à présent, ce pamphlet aurait pu s’appeler avec raison « j’accuse ». Dommage, c’est déjà pris. Ce sera donc « je dénonce » :

Que reste-t-il de la Suisse ?Vous avez contourné les gardes-fous mis pour vous empêcher de nous nuire, le fédéralisme et la séparation des pouvoirs notamment ne seront bientôt plus qu’une illusion. Vous avez écarté la république protectrice d’une main en brandissant la démocratie tyrannique de l’autre. Vous avez tourné la loi de sa fonction et nos libertés ne seront bientôt plus qu’un souvenir. Me trompé-je ? Je ne crois pas. Liberté ou solidarité forcée, il fallait choisir. Vous avez choisi de sacrifier la propriété et la liberté économique sur l’autel de la solidarité. Liberté ou contrainte morale, il fallait choisir. Vous avez choisi de sacrifier la liberté d’opinion sur l’autel de la morale. Liberté ou théocratie il fallait choisir. Vous avez choisi de sacrifier la liberté religieuse sur l’autel de votre propre religion. Que reste-t-il de la Suisse, disais-je, après que vous ayez exercé votre art de médecins charlatans qui pratiquent des saignées dans les libertés sous prétexte de nous guérir de nos maux? Elle est exsangue, il n’en restera bientôt plus rien.

La Suisse, je ne vous demande plus ce que vous en avez fait, vous, politiciens de tous bords, parce qu’il est facile de voir en compulsant vos lois et en étant témoin de vos décisions, comment vous l’avez bousculée, malmenée, brutalisée, violentée, séquestrée, asphyxiée, martyrisée, violée, au nom de ce que vous pensiez qu’elle devait être. Il n’y a qu’un chemin vers lequel cela conduise et vous le savez : vous finirez par l’assassiner. La Suisse que vous décrivez avec le miel à la bouche, comme vous le faites sur ce blog n’est qu’un doux conte de fées pour berner les électeurs, alors que celle que vous préparez, le poignard liberticide à la main dans les anti-chambres de vos bureaux de gouvernants ou de parlementaires, c’est une Suisse qui, comme le disait si bien l’économiste Hayek, conduit lentement mais sûrement les citoyens sur la route funeste de la servitude.

Vous voulez savoir ce qu’est la Suisse Monsieur Lozio? La Suisse c’est le combat quotidien des citoyens pour conserver les libertés que les politiciens n’ont de cesse de leur enlever.

Clémenceau disait de la guerre qu’elle est une chose trop sérieuse pour la laisser aux mains des militaires. Vous me permettrez mutatis mutandis de dire en guise de conclusion que la politique est une chose trop sérieuse pour la laisser aux mains des politiciens.

C’est pourquoi, que n’aurais-je donné, pour que la Suisse ce soit tout simplement nous les citoyens, sans vous les politiciens.



Un ancien élève de Pierre Losio qu’il ne manquera pas de reconnaître

Écrit par : je dénonce | 02/08/2010

Trop dégoutée pour lire le reste
Trop expérimantée / vieille pour gober ces trucs
Histoires et historiques me rendant trop fatiguée
Résultat: nul!
Faut faire plus pour en avoir plus.

Écrit par : na...ya | 02/08/2010

premier truc à *je dénonce*:
soyez concis,
si vous ne voulez pas que votre interlocuteur ne soit persuadé, que vous ne l'êtes: soit, pauvre chercheur au milieu d'un vaste champ de cultures...

Écrit par : na...ya | 02/08/2010

à moins que ces échanges ne soient que d'avocats à avocats, ou d'avocats répondants à leurs confrères par leurs secrétaires, qui leur répondent, tous biceps confondus, tout en tapant à trois doigts french-manicurés, comme certaines de ces secrétaires divas si bien payées sans formation ... mais les clients payent ...

Écrit par : na...ya | 02/08/2010

@ je dénonce,

Superbe tirade ami, on se sent moins seul à vous lire. Et la grande question après cette splendide mise en accusation est celle de savoir ce que les politiques pris ici à partie répondrons ? Rien, comme d'habitude. Le vide de leur pensée les habille par usage.

Ce sera encore l'indigent et permanent silence de politiciens et politiciennes trop vite fabriqués, moulés, stéréotypés, devenus bien trop vendeurs de casseroles devant l'éternel pour pouvoir se pencher ne serait-ce qu'une seule heure sur leurs propres vacuités et leurs insuffisances éthiques.


J'espère que parmi le peuple un certain nombre aura fait l'effort de lire votre pamphlet ne serait-ce que pour s'apercevoir que ceux qui ont "vraiment" lu les grands textes de la science politique et de la science juridique, sont souvent, ceux-là même qui dénoncent l'exercice que font du pouvoir ces "marchands" de la politique que sont nos édiles et leur partitocratie.

Oui, le peuple devrait se demander pourquoi ceux qui ont vraiment lu les grands textes fondateurs de notre culture politique, les ont vraiment étudiés, s'opposent, presque toujours à cette "partitocratie" en place.

Au lieu de cela, les politiciens et politiciennes parlent de fête nationale, font du "blabla", la revendiquent pour eux-mêmes et rassemblent dans un grand raout de la partitocratie - c'est littéralement indécent - alors que du point de vue l'éthique, du point du vue de la vérité et de la philosophie politique ils n'ont absolument rien à nous dire et n'ont plus aucune légitimité. Et bien pire, ils sont aujourd'hui le "mal" de notre démocratie, ce qui lui coûte le plus, en temps et en argent. Une fuite incommensurable d'énergie.

Quand donc le peuple le réalisera-t-il ? Que nous devons aller vers plus de démocratie, que la route n'est pas terminée, que demain est un jour nouveau, mais que c'est aujourd'hui que nous devons nous méfier que ces prévaricateurs et prévaricatrices de toutes sortes nous fassent perdre à jamais nos droits politiques et nous fassent tomber dans leurs honteuses escarcelles. Oui, quand donc ?

Merci ami, parle et reparle encore, dit ta profonde colère, explique-la, dit encore combien nous avons tous à nous méfier du goût que ces hommes et ces femmes ont pour le pouvoir, d'un pouvoir qu'ils veulent pour eux-mêmes et les leurs mais qui n'est pas celui du peuple, qui n'est pas celui du respect et de l'éthique.

Oui, ami, va et continue. Bonne chance.

Écrit par : 022 | 03/08/2010

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