germinal01

24/06/2010

Sandrine Salerno répond à douze questions dans la sciure

Sandrine Salerno a été élue au Conseil administratif de la Ville de Genève en 2007. Elle en est actuellement la présidente, donc maire de la ville. Elle dirige le département des finances et du logement. Sous les couleurs du parti socialiste, elle brigue un nouveau mandat au printemps 2011


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1.

« Je crois finalement que je suis de Belgique, même si on ne sait pas très bien ce qu’est la Belgique on peut dire que l’on est Belge. » (Amélie Nothomb)
Savez-vous ce qu’est la Suisse ?

S.S. : J’aime cette phrase d’Amélie Nothomb ; je pourrais la reprendre entièrement à mon compte, sauf que je ne suis pas … belge ! Je suis suisse et j’aime cette idée, ce sentiment d’appartenance à une communauté de destin qui traverse les classes sociales, les langues, les cultures et les générations passées et futures. Il ne faut jamais se laisser figer dans une identité exclusive. Notre identité est ce mélange permanent de nos multiples appartenances.

2. Voudriez-vous citer 5/6 personnages (vivants ou non) qui incarnent votre idée de la Suisse ?

S.S. : Ruth Dreyfuss : pour la capacité d’ouverture de la Suisse à se choisir comme présidente une femme modeste, juive, syndicaliste, socialiste et féministe.
Kofi Annan : le Monde dans la Suisse, la Suisse dans le Monde
Ella Maillart
 : pour sa capacité à déclencher l’imaginaire, dans le miroir de l’autre !
Dominique Wavre : pour la capacité de la Suisse à sortir de ses lacs, de ses montagnes, de ses vallées, de  ses frontières,  et sa capacité à produire de si grands marins…
Friedrich Dürenmatt : l’aptitude à la dissidence
Henri Dunant : le sens de l’humani-terre et la croix que porte la Suisse !

3. « L’art de la politique c’est de savoir où il faut s’arrêter… et d’aller un peu plus loin »
Allez-vous souvent plus loin ? Pourquoi/Pourquoi pas ?

S.S. : La politique, c’est l’art du chemin de crête… sur l’univers des possibles… Il suffit parfois d’un rien... de déplacer légèrement le cadre, pour aller beaucoup plus loin que ce que l’on croyait réaliste…
La politique, pour moi, c’est avoir la conviction que je ne m’arrêterai pas dans mon voyage en utopie ; mais la conscience également que, sur ma route quotidienne face aux embûches du chemin, je sache ralentir, accélérer, ralentir encore, freiner, m’arrêter, reculer parfois pour mieux bifurquer, avant de redémarrer…

4. « En politique on succède à des imbéciles et on est remplacé par des incapables. (Clemenceau)
Un commentaire ?

S.S. :  Le Tigre a raison : c’est une évidence… à condition de ne jamais oublier qu’on est toujours l’imbécile et l’incapable de quelqu’un…

5. « Etre populaire quand on veut gouverner, cela ne s’est jamais vu » (Raymond Barre)
La popularité y veillez-vous ?

S.S. : En partie, j’aime qu’on m’aime pour ce que je fais, non pas pour qui je suis ! Je fais de la politique car je pense que ma vision de l’intérêt général est profitable au plus grand nombre, et en particulier aux personnes les moins bien loties dans notre société. Je clame haut et fort que je suis pour l’égalité entre les femmes et les hommes, les Suisses et les Etranger-ère-s, que je suis pour une redistribution drastique des revenus et des fortunes, et c’est pour cela aussi que l’on m’élit ! Alors, il serait étonnant que cela ne me rende pas un peu… impopulaire dans certains milieux ; étonnant que je ne me crée pas des ennemis alors que je désigne moi-même mes adversaires !

 

6. « L’instant de la décision est une pure folie » (Kierkegaard)
Comment  décidez-vous ?

S.S. :  Je  sais intimement qu’on ne décide qu’en situation d’incertitude (sinon il n’y aurait pas de décision à prendre). J’aime prendre mes responsabilités et les assumer. Je n’ai pas peur de me tromper, car je sais que c’est inévitable de temps à autre. Je cherche toujours à avoir toutes les cartes en main avant de trancher. Mais j’aime décider : c’est le moment le plus intense de la politique !

7. Pensez-vous qu’un jour la Suisse adhérera à l’Union européenne ? Le souhaitez-vous ?

S.S. : Oui et oui. Mais il n’y a pas le feu au lac… cela relève davantage de la symbolique politique que de la puissance politique. Nous, les Suisses, nous sommes européens ! La Suisse ne peut pas se penser comme une île. Mais j’ai la profonde conviction que l’adhésion ne résoudrait AUCUN des problèmes politiques, ni structurels ni conjoncturels, auxquels la Suisse doit répondre urgemment aujourd’hui !

8. Le système démocratique suisse est-il viable à long terme ? L’aménageriez-vous ? Comment ?

S.S. : On devrait penser à des réaménagements comme peut-être l’élection au Conseil fédéral et le poids des petits cantons de Suisse centrale… Cela ne changerait pas fondamentalement ce qui fait l’originalité politique de la Suisse et l’identité helvétique : notre démocratie semi-directe. Là-dessus, je suis très suisse : il n’y en a point comme nous ! Je proposerais donc que l’Union européenne, dans un premier temps, et l’ONU, dans un second, déposent dans les plus brefs délais leur demande d’adhésion à la Suisse.

Je pense d’ailleurs à peu près la même chose quant aux relations du canton avec la Ville de Genève !

9. Vos refuges pour vous extraire des turpitudes de la politique (famille, musique, voyages…….)

S.S. : Famille et ami-e-s : mes filles sont petites, elles ont besoin de moi comme j’ai besoin d’elles, pour me recentrer. Et au fur et à mesure qu’elles grandiront un peu, j’aurai davantage de temps pour d’autres activités culturelles ou de loisir… mais cela ne me manque pas tellement… je sais que la vie passe vite… et que chaque époque à ses charmes.

10. Dans l’exercice de la politique avez-vous déjà eu peur ? (exemples… commentaires)

S.S. : Joker

11. Le doute est-il une qualité nécessaire à l’exercice du « métier politique » ?

S.S. : Le doute politique est le début de l’intelligence politique : celle qui sert à démasquer les faux semblants, les idées reçues, les clichés journalistiques,  les faussaires politiques, l’esbroufe médiatique, le tape-à-l’œil idéologique ; c’est le doute qui nous fait comprendre les intentions cachées des adversaires et des alliés… et c’est le doute sur mes propres décisions qui m’amène à les tempérer ou à les corriger quand il est encore temps.

12. La question que vous auriez aimé qu’on vous posât ?

S.S. : Non. Plus de questions, juste un week-end tranquille pour profiter de la Fête de la musique.

Je remercie Sandrine Salerno d'avoir répondu à ces questions

.........tout passe.......


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Commentaires

J'aimerais bien rencontrer cette personne, et dîner avec elle. Pensez-vous que ce soit envisageable?

Écrit par : Pascal Décaillet | 24/06/2010

@M.Décaillet
Il me semble que vous aviez déjà pris un rendez-vous en direct sur votre plateau et qu'elle avait accepté, non ?
p.l.

Écrit par : pierre losio | 24/06/2010

Suis-je bête!

J'avais oublié!

Écrit par : Pascal Décaillet | 24/06/2010

@M.Décaillet
je n'ai jamais pensé une seconde que vous étiez bête, cher Monsieur.
p.l.

Écrit par : pierre losio | 24/06/2010

et les questions sur Genève,

Pierre Losio,

c'est de la pub H&M?

Écrit par : na...ya | 24/06/2010

@na ya
j'assume le contenu du questionnaire. Ce qui me semblait intéressant c'était les enjeux suisses et l'exercice du pouvoir, non pas l'opérationnel.
mais pour genève (circulation,logement, sécurité,crèches etc...) ce pourrait être l'objet d'un autre questionnaire certainement.
p.l.

Écrit par : pierre losio | 24/06/2010

C'est clair:

les enjeux suisses et l'exercice du pouvoir sont essentiels!

excluant les questions administratives relatives à l'exercice du pouvoir à Genève!,

quand vous vous adressez à un nouveau membre de l'administration du conseil administratif de Genève ...


Continuez de laisser de côté
le côté "opérationnel",
quand vous questionnez un membre du conseil administratif de Genève,

et on va continuer à vous crédibiliser
au niveau de vos propres enjeux.

Écrit par : na...ya | 24/06/2010

@ na ..ya
vous voudriez me dicter le contenu de mon blog ?
je vous suggère de contacter M. Jean-François Mabut à la Tribune qui vous aidera si nécessaire à ouvrir un blog, de rédiger un questionnaire et ensuite de le diffuser. Vous pouvez également poser directement vos questions à M.Maudet et Mme Salerno sur leur(s) site(s) internet respectifs(s) et vous saurez tout ce que vous voulez savoir sur ce que j'aurais négliger de m'enquérir.
voiil cher Monsieur : au boulot !
p.l.

Écrit par : pierre losio | 24/06/2010

Mais comment mais comment, vous rechignez à répondre "au niveau de vos propres enjeux"? Mais c'est très grave!

Écrit par : rigolaux | 24/06/2010

Elle fait très manequin Prixuniques sur la photo!

Vanité! vanité! vanité!, elle sait faire quoi d'autres à part la potiche?

Écrit par : dominiquedegoumois | 24/06/2010

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