germinal01

23/04/2010

Ici Radio Lyondres

Et voici quelques messages personnels : « Le pigeon est inévitable », je répète, « Le pigeon est inévitable ».


124.jpgLes rituels ont un goût sans égal. J’y sacrifie sans jamais faillir.
Quando so a er Roma, je vais toujours à la Place des Chevaliers de Malte poser mon œil sur le guignard de la grande porte qui interdit l'accès du couvent , à l’église San Pietro in Vincoli voir le Moïse de Michel Ange et manger chez suor Adda via dei Banchi Nuovi, un boui-boui où les artisans du quartier viennent remplir leur gamelle et où se magna la pasta da mori.
Dans la capitale de Gaules, je passe à la librairie Musicalame (r. Pizay), au musée d’Art Contemporain (très fun l’expo de Ben) et, si j’y trouve deux couverts, je vais place Kléber, me régaler à une table de tradition. Ah certes, les tentures ampoulées aussi tartignoles que celles qu’on subissait un temps chez Martial Braendle (ça a p’têtre changé) ne valent pas le déplacement.
Mais à l’heure où bobos et gogos s’ébaubissent devant les miracles de l’éprouvette et pratiquent le culte fervent de la Sainte Molécule (leur pape s’appelle Marx …incroyable mais vrai…si, si…) le travail de Pierre Orsi est un véritable appel à la Résistance. De la sobriété encore et encore. Dans ce genre d’établissement le plat principal est souvent banal alors pour séduire les « pigeons » de commensaux…..on leur en sert ; et puis du pigeon c’est plus original que la côte de veau ou la déclinaison d’agneau, on n’en mange pas trop souvent, il est en quelque sorte inévitable.

Heureusement je n’ai pas échappé à celui de mardi dernier. « Prenez-le rosé le pigeonneau, Monsieur, vous verrez…. ». Cuisson mesurée en cocotte, texture de chair délicate, du goût mais avec discrétion, presque le goût de la chasse (je douterais quand même qu’on snipât le volatile). Parfait ; avec du riz foncé qu’Orsi a ramené de son long séjour au Minesotta, agrémenté de lardons qu’on a dû licher à la mandoline tant ils étaient fins et, juste à côté, de fiers cèpes moelleux, pas alanguis. Non, pas de sauce, un exploit.
Je voudrais dire encore le homard déposé sur une barigoule d’artichauts et la simplicité du brouet de légumes, le cube de dentelles aux fruits acidulés et sa mousse orange/verveine (il a aussi de la technique le bougre) et le chocolat Manjari (65 % de cacao, un péché)…. Quand en plus on trouve du Gaperon sur le plateau des fromages et de l’alisier de Ribauvillé sur la carte des alcools on est certain de ne pas être chez des aventuriers ou des paiens.

A Lyon, capitale de la Résistance, l’artisan-soldat Orsi* ne capitule pas. Respect.

*meilleur ouvrier de France 1972

         

 

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Commentaires

Eh bien Pierrot, quand donc reprends-tu le Go Emilio helvète ?

Écrit par : Séraphin Lampion | 24/04/2010

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