germinal01

05/05/2009

Stade de Genève : enfin du bon sens !

Constat réjouissant : il a été possible de traiter la problématique du Stade de Genève sans affrontements stériles.


La commission de contrôle de gestion du Grand Conseil a rendu un préavis unanimement négatif au projet de loi du Conseil d’Etat qui voulait octroyer une aide financière de 7,74 mo sur quatre ans en faveur de la Fondation du Stade de Genève. Ce préavis devrait passer maintenant le cap de la commission des finances sans difficultés.

 

C’est la victoire du bon sens.

 

Le travail sérieux de la commission de contrôle de gestion (de nombreuses auditions, dont celle peu convaincante du chef du DCTI) a conclu que le projet de loi du Conseil d’Etat ne tenait pas la route financièrement et qu’il n’offrait aucune perspective recevable quant à l’avenir du stade et son exploitation. Quelques chiffres pour illustrer le propos : l’assainissement prévu des comptes de la Fondation ne s’élève qu’à 247.000 frs en quatre ans ; les charges augmentent de plus de 8 % alors que l’accroissement des recettes n’est que de    4,6 %. On se serait retrouvé à fin 2012 avec un découvert de 1,797 mo….. contraints de solliciter à nouveau les fonds publics : un engrenage impossible à enrayer.

 

L’annonce du dépôt d’un projet de loi par plusieurs députés-es est un signe fort à l’adresse de la Fondation du Stade : il lui est octroyé un montant unique de 500.000 frs pour 2010 et l’enjoint de trouver pour fin juin de l’an prochain des sources externes de financement ainsi qu’un projet d’exploitation étayé par un business plan crédible. Les possibilités existent, des signes positifs se sont manifestés lors des auditions effectuées par la commission.

Ce projet de loi du Parlement devrait sans aucun doute trouver un écho favorable parmi tous les partis représentés au Grand Conseil et satisfaire les adversaires du stade qui n’auraient pas hésité une seconde à lancer un referendum (que j’aurais soutenu) si la dépense avait dépassé la barre du million.

On a donc évité la castagne et l’indécent recours de près de 8 mo à la manne des fonds publics, ce que les citoyens n'auraient  certainement pas accepté en cette période de difficultés économiques.

Si l’initiative du dépôt de ce projet de loi à 500.000 frs « one shot » revient au PS et aux Verts, il est plaisant de souligner que l’Entente (et en particulier le chef du groupe libéral) n’a pas cherché l’affrontement (elle qui a toujours été une fervente stadolâtre) et qu’elle s’est montrée disponible pour négocier la recherche de la solution qui émerge aujourd’hui. Les partis ont fait preuve, de part et d’autre, de responsabilité et finalement, sur ce sujet précis, ont concrétisé ce que l’on attend d’eux : la praxis de la politique.

 
La balle est désormais dans le camp de la Fondation du Stade de Genève ; le résultat de la partie qu’elle engage maintenant sera connu en juin 2010.

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Commentaires

la peur du référendum serait-elle le commencement de la sagesse politique ?

Écrit par : Pascal Holenweg | 06/05/2009

D'aucuns ont pensé que j'ironisais à propos du chef de groupe libéral. Il n'en est rien. J'ai trouvé en Ivan Slatkine un interlocuteur ouvert et d'une grande disponibilité pour trouver une solution pratique et pondérée devant le fort médiocre projet de loi déposé par le Conseil d'Etat.
Ce ne fut pas véritablement une surprise mais je souhaitais que cela fût dit.
p.losio

Écrit par : pierre losio | 06/05/2009

Quant à moi, je tiens à préciser urbi, orbi et ailleurs que quand je saisais allusion à la peur du référendum, ça ne concernait pas Pierre (ni d'ailleurs les Verts en général), mais les représentants des partis stadolâtres (tous les partis de droite, à quelques exceptions renaudesques près, et la majorité de mon propre parti).

Écrit par : Pascal Holenweg | 07/05/2009

C'est très bien d'arriver à vous entendre pour ces dépenses mais, ne pourriez pas pratiquer le même système pour éviter de dépenser des dizaines de millions pas année pour, par exemple, le Grand Théatre ? Il me semble que les spectacles présentés dans cette salle sont réservés à une certaine "élite" qui fréquente autant la salle que le foyer où les "collations" sont de qualité ! Peut-être que les députés, de tous bords, ne désirent simplement pas arrêter leurs petits privilèges et estiment qu'ils font partie de cette fameuse et fumeuse "élite" !!

Écrit par : Octave Vairgebel | 07/05/2009

Vous confondez les tiroirs-caisse M. Octave. J'espère que vous n'avez pas cette pratique dans votre entreprise ou votre ménage.
L'Etat de Genève ne dépense pas un centime pour le Grand Théâtre. Les dizaines de millions dont vous parlez sont dépensés par la Ville de Genève. Il n'en demeure pas moins, à part votre allusion populiste à des collations ou des cocktails auxquels je ne participe jamais, que l'importance du financement du Grand Théâtre est un vrai débat. J'estime pour ma part que le GT est institution d'importance régionale et que son financement devrait être pris en charge au niveau régional (VdGe, Etat, communes genevoises, Vaud et France voisine.) Idem pour les musées.

Écrit par : pierre losio | 07/05/2009

Le Grand Théâtre est rempli en moyenne annuelle à 80 %... et le stade ? Le Grand Théâtre emploie plus de 300 personnes à plein temps... et le stade ? Le Grand Théâtre est propriété de la Ville... et le stade ? le Grand Théâtre reçoit une subvention canton ale annuelle de 50'000 francs... en fait, c'est à ce niveau que devrait se situer la subvention proposée pour la fondation du stade, si on voulait réellement identifier le stade à l'opéra...

Écrit par : Pascal Holenweg | 08/05/2009

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