germinal01

31/03/2009

Tournez manèges..........

A droite toute !


Un vrai sentiment de malaise en regardant sur l’estrade télévisée de la Praille un débat (c’est pas vraiment le mot adéquat) convoqué par l’animateur des grandes surfaces politiques.

Ce fut en fait plutôt une émission de télé-réalité à mi-chemin entre « Tournez manèges » et « Super Nanny ». Il ne manquait que le fond musical avec Juliette Greco « Marions-les, marions-les, on dit qu’ils se ressemblent » et Marcel Zanini « Tu veux ou tu veux pas ? ».

 

L’affaire avait été bien préparée : d’abord un blog sur « Liberté » expliquant avec pertinence que les orgues du conducator gominé avaient comme cible principale l’UDC (la bataille pour les parts de marché électoral). Puis, rappel de vaccin, avec un papier dans la Tribune, fort bien écrit (comme d’hab !) qui prend la forme d’une mise en scène de polar série B, avec l’évocation du tango, de la séduction perverse. On avait compris : il fallait que la droite dure se rencontrât, s’alliât afin de faire douter cette pauvre et molachonne Entente….et qui sait faire passer le chouchou Nidegger au Conseil d’Etat.

La voie tracée, il était normal que l’on se retrouvât au rendez-vous des caniches et que les présidents du MCG et de l’UDC tentâssent, cornaqués avec vigueur par l’amphytrion de la Praille, l’amorce d’un rapprochement. On n’en est pas à publier les bancs car le manège n’a donné le tournis ni au politicien de kermesse du MCG ni à Soli Pardo, homme de grande culture, aux convictions droitières bien ancrées.

Ce n’est pas étonnant, car finalement après une législature de gesticulations et d’anathèmes lancés contre le Conseil d’Etat on constate que le mouvement indépendantiste (bientôt sécessioniste ?) du conducator avait voté, avec régularité, les budgets de cette vilipendable majorité de gauche. Ce n’est pas le cas de l’UDC qui s’est même souvent mouillée dans des rapports budgétaires de minorité. Opposition auto-proclamée mais non concrétisée sur les votes signifiants du budget d’une part, opposition cohérente qui se manifeste notamment par des refus sur le budget de l’Etat.

D’autre part je vois une incompatibilité fondamentale entre ces deux tendances de la droite : je crois sincèrement que l’UDC est attachée au lien confédéral alors que le MCG avance de plus en plus clairement sur la voie de la rupture avec Berne et la Confédération.

 

Non, décidément, sur ces lointains territoires de la droite genevoise le terreau n’offre que des opportunités automnales mais aucune fertilité porteuse d’une alliance crédible.

….et quand on veut porter la chemise de quelqu’un d’autre, fût-il partenaire ou nouveau faux ami, on est toujours à l’étroit.

 

Je ne comprendrai jamais rien au journalisme.

…mais tout passe….

 

13:16 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Bonjour,

Des fiançailles incertaines, mais pour quel mariage futur éventuel ? Tout cela donne le vertige, comme vous le dites, très bien "tournez manèges", un couple impossible, l'intelligence, la culture, pour l'un, la provocation, le souffre, pour l'autre. Au jeu de la séduction, qui remportera la manche.
A suivre....

Béatrice FUCHS

Écrit par : beatrice fuchs | 31/03/2009

Pour des motifs électoraux, on a pu voir des alliances bien davantage contre-nature. La seule vraie question étant ce que pourrait en tirer les deux partenaires et néanmoins ennemis. Pour l'UDC, la chose est claire: tenter de faire élire Nidegger. Pour le MCG, c'est moins évident. Que pourrait offrir l'UDC qui brille suffisament aux yeux du conducator ? C'est là toute la question. Peut-être Pascal Décaillet a-t-il une idée de réponse ?

Écrit par : Philippe Souaille | 31/03/2009

Disons que c’est quand même des cousins pas si éloignés que ça et une entente entre ces deux partis nous permettrait peut-être d’éviter une surenchère nauséabonde et populiste sur les thèmes chers à ces deux partis d’extrême droite et prêts à tout (et à son contraire !) pour appâter le chaland.

En d’autres termes, si l’UDC et le MCG décidaient de se fiancer, c’est le niveau de la campagne qui commence qui y gagnerait...

Écrit par : Vincent | 31/03/2009

Je pense que ceux qui ont vu Infrarouge ce soir détiennent la réponse à la question pertinente de M. Souaille.

Les socialistes et autres libéraux sur le plateau ont été aplatis par Yves Nidegger, prologue à la campagne de l'UDC de cet automne. Stauffer veut surfer sur cette vague ou faire du ski nautique dans le sillage de Nidegger..

Écrit par : André Lecomte | 31/03/2009

"On n’en est pas à publier les bancs..."
Il s'agit des bans sans doute et sans c.
Du mot ban (proclamation) vient le mot banal... Alors que du banc dérive bancal...
Finalement cette faute de frappe ajoute à ton papier une signification certes inattendue mais au fond pertinente.
Amitiés.
Pierre G

Écrit par : Pierre Gauthier | 08/04/2009

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