germinal01

09/01/2009

Privés de télé (bis)

Ce mois de janvier, la session plénière du Grand Conseil genevois ne fera pas l’objet d’une retransmission télévisée. Ainsi en a décidé le Bureau du Parlement cantonal.

J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer en opportunité sur l’utilité et la pertinence démocratique de la « publicité »(dans le sens : état de ce qui est public) télévisuelle de ces débats et le lecteur pourra se reporter à mon blog du 15 décembre dernier :  http://toutpasse.blog.tdg.ch/archive/2008/12/15/prives-de-tele.html.


Ne confondons pas les genres : ce dont il s’agit aujourd’hui c’est d’un non-accord commercial entre deux parties. Léman Bleu, estimant insuffisante la somme versée par le Grand Conseil, a bombé le torse tel un vaillant rugbyman gallois et donné un coup de Cardiff dans la convention en la dénonçant unilatéralement au 31 décembre. Le Bureau du Parlement, considérant notamment les centaines de milliers francs dépensés en investissement pour l’amélioration des conditions de diffusion et le confort dans la réalisation d’émissions citoyennes, n’a pas accepté les nouvelles exigences financières de la chaîne locale (hausse du tarif des retransmissions). Punto basta. J'applaudis sans réserves la décision prise par M. Leyvraz et mes collègues du Bureau du Grand Conseil.


Tout ce qui sera dit et écrit dès aujourd’hui hors de ce contexte ne fera qu’allumer ou alimenter une inutile polémique.


Espérons que, conscients que la séance ne sera pas retransmise, nous nous montrerons à titre expérimental, nous députés, plus concis et nécessaires (je n'oserais penser indispensables) dans nos interventions et que l’ordre du jour subira une purge salutaire.

05:52 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Tu as parfaitement raison, Pierrot et je me permets de recopier la réponse que j'ai faite sur le blog de "Sale Gueule" pour expliquer comment les choses se passent:
Capter et diffuser quoi que ce soit en télévision a un coût, relativement élevé. La partie de la concession rétrocédée aux chaînes locales représente certes un montant consistant mais ne suffit de loin pas à couvrir tous les frais des émissions dites de service public (journal télévisé, émission de débats politiques, infos diverses sur la culture ou l'économie locale etc...)
La publicité ainsi que le cas échéant d'autres contributions de gens ayant intérêt à ce que telle ou telle émission soit diffusée (sponsoring) doivent combler le trou.
La publicité, pour les séances du Grand Conseil, c'est compliqué. Pas facile d'introduire des coupures publicitaires au milieu des débats, débats qui ne sont par ailleurs pas forcément très folichons, donc pas forcément très regardés, donc pas forcément très porteurs pour quelqu'un qui voudrait diffuser sa pub.
Résultat des courses, les actionnaires de Léman Bleu sont certes très heureux d'accomplir une sorte de devoir civique en diffusant ces séances, mais en 2007 comme en 2008, ils ont perdu passablement d'argent.
Des sommes en centaines de milliers de francs, à ce que j'ai entendu dire.
Et comme la crise est pour tout le monde, ils demandent de perdre moins, voire même de gagner un peu, pour le service qu'ils rendent. Ce qui me parait légitime.
Après, c'est au Grand Conseil de décider démocratiquement si le jeu en vaut la chandelle, s'il est prêt à payer un supplément, ou non. A peser aussi entre l'intérêt pour la démocratie de transformer les débats en show médiatique ou à se concentrer sur son boulot: élaborer des lois. Ce qi est au moins autant un jeu d'ombres que de lumière...

Écrit par : Philippe Souaille | 09/01/2009

A titre personnel, je trouve assez savoureux le débat entre politique et publicité ... Comme quoi les marchands du Temple ne sont jamais très loin des (bonnes) idées!
La solution, si tant est que la retransmission des séances du Grand Conseil soit effectivement une "nécessité démocratique", passe donc par une retransmission sur le Net, retransmission organisée et pilotée par le Grand Conseil, ce qui donnera tous loisir à Léman Bleu de trouver la publicité dont elle semble avoir tellement besoin!

Écrit par : Renaud Gautier | 09/01/2009

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