germinal01

08/01/2009

De la normalité droitière

Ainsi j’apprends, en lisant la Tribune à l’heure du renversé et du Cenovis (chacun sa barbarie), qu’il existe à Genève d’une part une extrême-droite parlementaire (je suppose qu’il s’agit de l’UDC) par un édito de D. Haeberli saluant avec enthousiasme la naissance municipale d’un œcuménisme de la mobilité confit de bonnes intentions et d’autre part, sous la plume d’un de ses collègues de rédaction parlant d’un referendum carougeois, une droite dure représentée (le journaliste est explicite) par les libéraux et les radicaux.

Alors en naïf député de base que je suis, j’ose une observation et hasarde une question.

Observation : quand on connaît l’extrême-droite et son histoire en Europe depuis la première partie du siècle dernier à nos jours, l’assimilation simpliste de l’UDC à cette unique galaxie est très flatteuse pour le parti blochérien et mériterait un zoom plus serré qui prît en considération les particularités des réalités cantonales et des régions linguistiques. Je n’ai de plus, pas  la perception, en bavardant chaque mercredi avec le président du Grand Conseil Eric Leyvraz, de tutoyer un fascistoïde nostalgique de nos frontistes ou de l’Union Nationale chère à Géo Oltramare et Mario Soldini.


Question : mais où est passée la droite dans tout ça ? La droite…. disons normale … la droite ni dure, ni extrême…. qu’est-elle devenue ? Il ne vous reste , mon bon Monsieur, plus que le PDC…. qui lui dit nenni très fort en s’auto-proclamant authentique incarnation du centre …ce lieu géométrique et politique des points qui convergent « dans la gélatine bleu pâle » (ou le trou noir c’est selon), « cherchant la différence arachnéenne entre l’illusion et le réel » qui permet à ces chrétiens respectables d’exercer une parcelle du pouvoir et d’assurer leur salut.

D’aucuns, du côté de SolidaritéS, de l’AVIVO ou du Parti du Travail me répondront, forts de leurs historiques et marxiennes certitudes (non je n’ai pas dit martiennes) que la droite ça commence avec les soc-dém (lire le PS), les incertains Verts et que ça se termine à l’autre extrémité de ce que certains persistent à appeler l’hémicycle alors qu’en fait il s’agit, dans la salle du Grand Conseil, d’un polygone. Si on souscrit à cette analyse très subtile (oui, oui j’ironise) ça laisse un assez vaste choix à l’électeur qui l’automne prochain souhaiterait ne pas voter à gauche…….

Il me paraît de la plus haute importance que les observateurs professionnels de la res publica cantonale, qu’ils écrivent dans le quotidien bleu  ou animent de grandes surfaces politiques du côté de la Praille, affinent leur diagnostic et indiquent clairement aux citoyens qui porte le drapeau de la normalité droitière avant que l’Entente (et je ne dis pas ça de manière saint-bernarde) n’implose sous les assauts séducteurs et gourmands d’une UDC qui se sait désormais incontournable pour un renversement de majorité au Conseil d’Etat genevois.
Pour ma part, je reste là où je suis, avec beaucoup de conviction, avec les Verts, dans la cohérence et le pragmatisme de notre ligne politique.
 

Les passages entre "..." sont empruntés à J.Baudrillard.

16:07 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Bonjour,

En tant que membre du Parti Libéral et ancien Conseiller municipal en Ville de Genève, je souhaite rebondir sur l'article de Pierre Losio. A mon sens, le Parti Libéral ne fait pas du tout partie de la droite dure, mais de la droite tout court.

En effet, la forte dimension humaniste du libéralisme est à l'opposé de toute dureté. Les libéraux croient en l'homme et s'attachent à permettre le développement de son bien-être tant personnel qu'économique.

A titre d'exemple et selon moi, les habitants des pays de l'est sont désormais à la fois plus heureux et les PIB/PNB/taux de croissance plus élevés qu'avant la chute du mur de Berlin.

Écrit par : Jean-Marc Guscetti | 08/01/2009

Le parti libéral se prévaut certe de valeurs nobles, mais quand il s'agit de déboulonner l'Etat social, petit à petit, il est toujours présent, aux côté des partis de droites durs.

Bref, un libéral, c'est un UDC qui travaille dans une banque ou un cabinet d'avocat et qui lit Voltaire.

A mourrir de rire.

Écrit par : Djinius | 08/01/2009

Tout d'abord bravo pour le courage et la transparence dont vous faites preuve en vous cachant derrière un pseudo Cher Djinius.

Ensuite, bravo encore pour la finesse de votre analyse politique, et le fait que vous évitiez tout amalgame.

En conclusion, on doit vraiment pouvoir avoir des discussions très intéressantes, positives et constructives avec vous !

Écrit par : Jean-Marc Guscetti | 08/01/2009

Cher Jean-Marc,
Mon propos manifestait un étonnement face aux rédacteurs du quotidien bleu qui assimilent dans un élan simplificateur l'UDC à l'extrême droite (ça mérite d'être analysé de manière plus approfondie en fonction des réalités cantonales, des régions linguistiques....) et le parti libéral et le parti radical à la droite dure (ce que j'ai lu textuellement dans le journal.... de mardi je crois).
Merci de lire mon blog et merci de tes commentaires.
p.losio

Écrit par : pierre losio | 08/01/2009

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