germinal01

08/12/2008

Devoir de mémoire

« Du jamais vu en Suisse ! On empêche des élus du peuple de s’exprimer » tonne le conducator gominé d’un mouvement citoyennement genevois dans un quotidien ce lundi matin. On se souvient que vendredi le bureau du Grand Conseil genevois lui a signifié, ainsi qu'à deux députés de son groupe, une exclusion de séance. 

J’ai l’outrecuidance de lui faire connaître, à titre de rappel historique, la liste des citoyens suivants : Charles Baudis, Alexis Béguin, Gabriel Bocquet, Frédéric Bornand, Atyl Dedo, André Favez, Louis Jaccard, Gustave Kohler, Germinal Losio, Albert Maret, Fernand Maurer, Edmond Mégard, Emile Métraux, Georges Morel, Arnold Muller, Paul Naine, Armand Parisod, Louis Piguet, Henri Reck, Jean Schumacher, Paul Storz, Herzel Sviatsky et Emile Wagnières.

Ces noms lui disent-ils quelque chose ? 

Ces vingt-trois citoyens genevois, élus par le peuple genevois, ont été exclus du conseil municipal de la ville de Genève par un arrêté de ce même conseil le 27 juin 1941, je cite : " MM. les conseillers municipaux........., membres du Parti socialiste genevois, section de la Fédération socialiste suisse, ne font plus partie du Conseil municipal de la Ville de Genève dès l’entrée en vigueur de la présente décision ». Cette décision a été prise (appel nominal) par 29 voix contre 18 et 2 abstentions.La majorité était composée de ce qu'on appelait alors les partis nationaux et qui constituent aujourd'hui le périmètre de l'Entente. 

Ces vingt-trois bannis* n'avaient insulté personne,  ils ne s'étaient pas montrés irrespectueux envers nos institutions ni n'avaient affiché un comportement incorrect pendant une séance. Ils avaient été élus par le peuple pour défendre des idées politiques et c'est à cause des ces idées qu'ils ont été exclus, définitivement.

 N'est-ce pas sur le plan démocratique un antécédent bien plus grave que ce qui s'est passé vendredi dernier ?  

"Du jamais vu en Suisse", clame le député populiste ! Décidément la mémoire et le sens de la mesure lui font bigrement défaut.

………tout passe…….

ps : lire le pertinent complément d'information de M. Soli Pardo dans les commentaires du présent blog

14:22 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (10) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Entre Christian Brunier et Eric Stauffer, il existe tout un dossier (que je vais présenter dans mon article prochain) et ce, depuis un temps certain.

Certains confondent prise de parole et pugilat.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 08/12/2008

Victor, mais vous vous en donnez à coeur joie sur ce sujet, vous insistez (lourdement)..!

Vous faites la paire avec votre ami Stéphane, qui lui n'a de cesse depuis ce w-e de balancer à tout va sur le MCG..mais je reconnais que vous êtes plus modéré que lui pour l'instant et vous en remercie.

Pourquoi vouloir tant s'acharner sur le MCG ? Qu'avez-vous à y gagner en somme...des voix provenant de l'électorat du MCG qui iront tout droit dans les poches de votre UDC..avez-vous si peur que cela pour les élections de 2009.. ? Un peu de fair play Messieurs, s'il vous plaît...

Écrit par : Charles | 08/12/2008

Je voudrais ( de retour de mes vacances forcées ) décrire comment Christian Brunier s'acharne sur Eric Stauffer, mon ami.

Eric Leyvraz aurait du demander aussi à Brunier de s'excuser et de quitter la salle.

D'ailleurs mon dossier sera aussi comme une réhabilitation et une présentation des faits au président UDC du Grand Conseil.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 08/12/2008

On peut ajouter à votre liste, cher Monsieur Losio, en ce qui concerne le "jamais vu", les 28 députés exclus du Grand conseil par arrêté du 17 juin 1941, sans oublier les quatre qui le furent en décembre 1940, pour les mêmes raisons.

Écrit par : Soli Pardo | 08/12/2008

Cher Mr Losio,

Je suis un peu surpris par votre article. Doit on y comprendre une similitude entre les élus socialiste de 1941 et les élus MCG de 2008, tous deux victimes de methodes fascisantes ?

Ce n'était probablement pas comme ça que vous voyez la chose... et c'est pourtant la conclusion logique de vos propos.

CE

Écrit par : Eastwood | 08/12/2008

Comme il m'est drôle d'entendre et de lire ces blogs, plus est, écrits par un membre de la députation, qui se plaît d'élucubrer avec force haine sur le MCG sans le moindre argument qui tienne la route. Aussi, le futur Mémorial du Grand-Conseil fournira mot à mot les paroles échangées ce jour là, et chacun pourra constater qu'il n'y a jamais eu la moindre insulte échangée, mis à part une dose de vérité peut-être un peu crue. En ma qualité de vice-président du MCG, ayant accepté le combat pour le bien de mon parti, les insultes, les mensonges ou les menaces m'amusent et me laissent totalement indiférent.Je sais que notre combat se gagne jour après jour et ces basses attaques me prouvent que nous sommes sur la bonne voie, les citoyens l'ont compris, ceci est le plus important.

Écrit par : Henry Rappaz | 08/12/2008

J'ai juste voulu mettre en relation la phrase du conducator : "Du jamais vu en Suisse. On a voulu empêcher des élus du peuple s'exprimer" avec un événement historique genevois qui a réduit au silence (définitif cette fois) 23 élus du peuple en raison de leur appartenance politique ; ça c'est du déjà vu en Suisse hélas et bien plus grave que ce qui est arrivé à 3 députés MCG.

"Désapprendre ce qu'ils disent. Ou bien ils n'y croient pas eux-mêmes ou bien le violent effort qu'ils font pour y croire est désobligeant". Jean Baudrillard ne connaissait pourtant pas le MCG,

Écrit par : pierre losio | 09/12/2008

On peut ajouter à la liste des "bannis" du Conseil municipal et des "bannis" du Grand Conseil celle de plus d'une centaine de citoyens, qui n'étaient pas élus dans un Conseil mais ont été privés du droit de l'être, au même moment et pour les mêmes raisons. Le Conducator du MCG et ses deux comparses n'ont, eux, été que mis au coin pour une séance.

Écrit par : Pascal Holenweg | 09/12/2008

A lire les propos de l'une des personnes directement concernées, il me prend l'envie d'écouter Serge Reggiani ( Les Loups) et de relire Camus (La Peste). Une belle chanson et un beau texte...

Écrit par : Renaud Gautier | 09/12/2008

Il serait utile de se souvenir que le sieur qui nie ici user d'insultes et d'invectives était l'un des fondateurs de l'UDC genevoise, nommé fée du logis du local du-dit parti, dont il a été exclu pour y avoir placardé des affichettes racistes au vu et au su de tous les passants. Il avait précédemment perdu son job à la télévision pour avoir fait passer à l'antenne ce que l'on pourrait appeler des messages subliminaux attaquant la personnalité de gens dont il réprouvait les choix éditoriaux.
Les miracles et les imperfections churchiliennes de la démocratie font que ce triste sire est parvenu à se faire élire. Sa place semblerait plutôt devoir être allongé sur un divan qu'assis dans un parlement. Il est vrai qu'il y est plus souvent debout à gesticuler qu'assis...

Écrit par : Séraphin Lampion | 17/12/2008

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