germinal01

28/11/2008

Nouvelles du Parlement genevois

J’ai pris connaissance avec intérêt de l’ordre du jour de la prochaine session du Grand Conseil (4-5 décembre) qui comporte 163 points. Il reste aujourd’hui 437 objets en souffrance devant les différentes commissions du Parlement auxquels il convient d’ajouter 21 projets de loi qui seront renvoyés sans débat…. Le compteur s’arrêtera donc à 458 au soir du 5 décembre.  

Tous les députés-es se réjouiront de traiter les motions 4291-C, 67-B et 169-B concernant l’ « ombudsman » ; le Conseil d’Etat vient d’y répondre. Pour votre information sachez que ces motions lui avait été envoyées par le Grand Conseil respectivement le 15 juin 1979, le 7 décembre 1979 et le 19 mars 1982 !!!! 

Il va être beaucoup question de la problématique budgétaire ces jours prochains. J’ai la conscience tranquille car j’ai contribué activement à éviter que l’on creuse le déficit en votant avec conviction avant-hier à la commission des finances un amendement de moins 1 frs (oui, oui, c’est vrai) sur la subvention de la CGN qui décidément exagère avec la gestion de ses stocks de fuel et la suppression des haltes dans les communes riveraines de notre beau Léman. Ah, mon bon Monsieur, "un sou c'est un sou" ! Qu'y a-t-il de plus beau qu'un lieu commun ?  

En avant toute capitaine !

………tout passe…….

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27/11/2008

Pour une vraie politique nataliste !

Il a beaucoup été question  du vieillissement de la population pendant la campagne précédant la votation fédérale sur l’AVS. Notre petit îlot helvète n’est pas le seul pays concerné sur le continent européen. Les campagnes italiennes sont aussi touchées et particulièrement la Basilicata, magnifique et pauvre région du sud de la péninsule, qui s’abandonne le long du golfe de Tarente et où l’on peut visiter une des cités les plus pittoresques et les plus belles du Mezzogiorno, l’incomparable Matera.

Afin de relancer une véritable politique de natalité pour repeupler l’arrière-pays, et en particulier les localités de Calvera, Carbone, Cersosimo, Fardella et San Paolo Albanese, le secrétaire politique régional du MSI-Fiamma Tricolore, Vincenzo Mancusi a émis la proposition suivante :  une somme de 1500 euros annuelle est offerte jusqu’à leur majorité à tous les bébés qui naîtront en 2009. En voili une politique incitative qu’elle est biente !

Ce qu’il convient de savoir c’est que le MSI-Fiamma Tricolore constitue un des derniers bastions des néo-fascistes italiens non-repentis ; ceux qui ont refusé de suivre Gianfranco Fini lors de la « svolta di Fiuggi », congrès qui avait débouché sur la naissance d’ Alleanza Nazionale, engagé les fidèles du Duce et d’Almirante sur le chemin de Canossa et banalisé le passé sulfureux du MSI. Oui, oui, vous avez bien lu, banalisé ; Gianfranco Fini est aujourd’hui président du Parlement italien et le maire de Rome, Gianni Alemano, élu d’Alleanza Nazionale, porte toujours une croix celtique autour du cou.

J’en reviens à Vicenzo Mancusi : 1500 euros par année et par enfant jusqu’à la majorité, bigre ! Voilà de quoi aiguiser les appétits et occuper les longues et mornes soirées dans les campagnes basilicates.

Tout doux, mon brave ! Pour toucher ce magot il ne suffit pas d’un petit coup de gymnastique vespérale et hygiénique. Lorsque ce si « cher » enfant sera là vous devrez lui donner un prénom …….mais vous n’aurez hélas pas le choix : ce sera Benito pour un garçon ou Rachele si c’est une fille. S’il vous venait l’idée saugrenue d’appeler votre fils Anacleto ou votre fille Rodoguna vous pourrez faire le deuil des 1500 euros promis.

Malin ce secrétaire politique néo-fasciste …….. il fait d’une pierre deux coups : œuvre de salut public pour freiner la chute vertigineuse de la courbe démographique dans sa région et œuvre de mémoire envers le dictateur Mussolini et son épouse. Peut-être inaugure-t-il même une façon originale de recruter de futures chemises noires dans cette Italie toujours en proie à ses démons.

« Fascisiti ! Carogne ! Tornate nelle fogne ! » 

 

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25/11/2008

Vous avez dit dépassé par les événements ?

Un vaste meli-melo que le papier de l’animateur des grandes surfaces politiques et lémaniques dans la Tribune d’hier, intitulé "Tout ça pour quoi ?" : on y découvre pêle-mêle Hugues Hiltpold et son OPA sur le DIP, Yves Nidegger de dos sur la photo, un ministre affaibli, le PDC et son index trempé dans l’eau bénite, Pierre-François Unger et le vorace François Longchamp jouant au strip-poker, la droite suiviste du parti libéral et surtout un Conseil d’Etat « dépassé par les événements qui ne pourra plus venir nous entonner la chansonnette de la collégialité ».

A une année des élections cantonales, voyons brièvement, en quelques exemples, mais d’un plus près, ce qu’a accompli ce Conseil d’Etat « dépassé par les événements » et que les flatteurs placent sur la gauche de l'échiquier politique.

Les relations avec le personnel étant au plus mal, il s’est efforcé avec succès, dès son entrée en fonction, de renouer le dialogue avec la fonction publique dans un climat de confiance ce qui a permis la signature d’importants accords modifiant la LPAC ; il a également entrepris une vaste réforme de la politique des ressources humaines, (engagement du personnel dans la classe de fonction définitive, réduction à deux ans de la période probatoire, introduction d’un 13ème salaire en lieu et place de l’obsolète prime de fidélité, refonte du répertoire des emplois de référence au sein de l’Etat) ; ce chantier, qu’aucun gouvernement genevois n’avait eu, jusqu’à aujourd’hui, le courage politique de mener à bien, progresse à un rythme soutenu et va déboucher sur un nouveau système d’évaluation des fonctions.

En matière de finances publiques le Conseil d’Etat a mené, sous la férule du bon géant blond, une politique disciplinée de maîtrise des charges (malgré une conjoncture favorable et des rentrées fiscales exceptionnelles) qui a permis le retour à l’équilibre budgétaire et l’autofinancement des nos investissements dès 2006 déjà. Autre résultat positif, la diminution de la dette : elle a passé de 12,7 milliards (fin 2005) à 11,4 milliards au 30 septembre de cette année.

Je pourrais également parler de l’évolution des prestations « on-line » de l’administration fiscale, de la promotion de l’emploi et de la réinsertion (nouvelle loi en matière de chômage), du développement des transports publics etc… j’interromps là ce cirage de pompes somme toute mérité et la liste des réalisations de ce misérable Conseil d’Etat en proie, paraît-il, aux pires turpitudes internes et victime d’une méchante fracture des vertèbres collégiales.

Une fois la campagne électorale lancée (mais n’y est-on pas déjà ?) le pack de la Tour Baudet va se disloquer et chacun regagnera ses vestiaires politiques respectifs. Quoi de plus normal ?
Le Conseil d’Etat peut poser ses bleus de chauffe sereinement ; il a beaucoup et solidairement poussé en mêlée, pratiqué un jeu ouvert, marqué et transformé quelques beaux essais ….. n’en déplaise à ses détracteurs ......  et à l’animateur des grandes surfaces politiques de la Praille ! Son aveu, ce mardi matin sur les ondes de Radio Cité, m'a cependant rassuré sur l'importance qu'il convient d'accorder au contenu de son article : « Je ne comprendrai jamais rien à la politique " s'est-il exclamé......

…..tout passe…

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20/11/2008

Facebookmania

Le site de réseau social Facebook compte 120.000.000 d’inscrits à travers le monde. Je l’ai découvert par hasard en bavardant avec des collègues députés, et, malgré ma cancrerie informatique persistante j’ai réussi à m’y glisser. C’est trendy, convivial, souvent drôle. J’ai retrouvé un grand nombre de mes anciens élèves, consulté des albums révélant de vrais talents photographiques, pris connaissance d’événement culturels locaux, signé des pétitions, adhéré aux amis du Toblerone, annoncé les concerts de mon orchestre (les Clackos), constaté que je partageais des intérêts littéraires et musicaux communs avec certains de mes adversaires politiques, reçu des marques d’amitié à l’occasion de mon anniversaire…..et appris qu’il existait beaucoup d’autres Losio en Italie, ce que j’ignorais. Blèfle passé des moments agréables en sautillant sur les fils de cette toile.

Le phénomène prend une telle ampleur qu’il s’est infiltré dans les bureaux ; les employeurs s’en inquiètent car les heures de pianotage au travail ont une néfaste influence sur le rendement et la performance de tous ces accros de la social-com. Les postes italiennes viennent d’interdire l’accès du réseau Facebook à leurs employés, les régions de Lombardie et de Vénétie vont en faire de même. La commune de Naples, elle, a réglementé la problématique : une heure par jour au maximum, fractionnée en tranches de 10 minutes.


Le responsable marketing de Nokia Italia, Andrea Facchini, n’est pas scandalisé de savoir que ses employés passent toujours plus temps à surfer sur ce site : « Ca ne me viendrait pas à l’idée d’appliquer un quelconque type de censure. C’est un nouveau mode de communiquer, il suffit d’un peu de bon sens, de ne pas exagérer. Nous vivons un monde dans lequel nous sommes en permanence « connectés », les lieux de travail sont donc inévitablement concernés. Comme il s’agit d’un phénomène de mode, ce système va immanquablement marquer le pas. Pour l’instant on se montre dynamique en suivant la vague »

Je m’interroge sur le besoin de se dire, de se dévoiler, de signaler son existence de l’instant, sur la forme même de ce langage induit par les possibilités exponentielles que propose l’intelligence artificielle au service de ce réseau. Notre intimité pèse-t-elle tant pour qu’il faille la publier avec cette sorte d’impudeur domestique et banale. Facebook ne serait-il que le mega lieu commun réalisant la synthèse de nos quotidiens respectifs, éparpillés mais enfin partagés ? Ce langage produit-il du sens ?

« Lacan a raison : le langage n’indique pas le sens, il est là à la place du sens. Mais ce qui en résulte, ce ne sont pas des effets de structure, ce sont des effets de séduction. Non pas une loi qui règle le jeu des signifiants, mais une règle qui ordonne le jeu des apparences » (J.Baudrillard, Cool Memories).

Il est 14h40. J’ai passé aujourd’hui 35 minutes sur Facebook.

 

 



 

 



 

 



 

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18/11/2008

Premières manoeuvres princières

-         « Ah, ça mais ! Je suis de gauche moi ! »

Not’bon Prince n’a pas l’intention de laisser s’installer la suspicion sur son auguste personne. Il reprend l’initiative dans le conflit qui oppose la fonction publique municipale au Conseil administratif et entonne à haute voix le désormais célèbre motet du Palais Eynard connu sous le nom de « cacophonie collégiale ».

Il y a bientôt deux lustres ans, alors qu'il n'était qu'un élu roturier de notre cité, il dut suivre les injonctions pressantes de son parti et prendre le dicastère des affaires sociales. Lui visait la culture. Huit ans plus tard au printemps 2007 il est brillamment réélu et envisage tout naturellement de reprendre les affaires culturelles des mains de l’accordéoniste vert. Cette fois on ne peut lui refuser, lui qui aime tant les artistes, qui a enseigné la littérature , la philosophie, qui arbore son amour des arts et de la culture comme d’autres exhibent leur lésion d’honneur. C’est pour lui le dernier moment car au GPS  (grand parti socialiste) on pratique la limitation à trois mandats successifs. On peut donc comprendre qu'il veuille transformer son dernier tour de préau en un tour de cour, bien mieux en rapport avec sa prestance. Il hausse le ton, braque ses petits camarades de jeux et finalement se fait rouler dans la farine ; il restera aux affaires sociales (où il excelle) et hérite de la culture physique.

Il enrage…. et annonce sur le plateau de l’animateur des grandes surfaces politiques lémaniques qu’il pourrait être candidat au Conseil d’Etat à l’automne 2009.

J’ai repensé à cette séquence en lisant, dans la presse de ce mardi, les propos tonitruants de Not’bon Prince. On imagine aisément que la lutte pour la succession de L.Moutinot sera sévère à l’intérieur du GPS ; trois candidates se sont déjà déclarées alors que Charles Beer rempile pour un second mandat .
Qui sait si les gesticulations et les éclats de voix actuels de Not’bon Maire ne sont pas les premiers signes de l’affirmation de son positionnement ancré très à gauche, qui lui permettrait, profitant des divisions, de jaillir dans la dernière ligne droite et d’imposer sa stature de rassembleur pour mener les troupes socialistes vers les lendemains qui chantent ?


Pour l’heure il reçoit les syndicats et donne une leçon de real politik à ses collègues du Conseil administratif.
 
Au fait c’est peut-être LUI qu’on attendait lors de la grand messe cacocophonique du GPSF (Grand Parti Socialiste Français) à Reims, ce dernier week-end !

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16/11/2008

Les socialistes français en congrès

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Il faut protéger les éléphants du PS

Il faut protéger la biodiversité politique

 

 

 

 

 

La grande bastringue de Reims risque bien d'être un des derniers banquets du Parti Socialiste car au rythme où disparaissent les esturgeons, le menu des prochains congrès pourrait se réduire à un pique-nique canadien.

Iconographie : campagne J.Bové 2007

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14/11/2008

Hâte-toi lentement, cher Parlement (bis)

Ce n'est ni la première ni la dernière fois, hélas, que je reviens sur le sujet.

Le Grand Conseil de Genève siégeait hier soir avec un ordre du jour comprenant 172 points (pour rappel : octobre 154, septembre 221). Nous avons procédé à l'élection de notre bureau, accepté l'ajout de 4 objets et l'urgence a été approuvée pour 4 objets qui devaient être débattus en soirée. Finalement les 2 projets de loi concernant l'introduction d'un 13ème salaire et la suppression de la prime de fidélité pour le personnel de l'Etat et des établissements hospitaliers nous ont occupés toute la séance qui suivait le repas vespéral. Pas de quoi s'en offusquer car c'était un des enjeux majeurs de la législature. Il n'en demeure pas moins que seuls deux points de l'ordre du jour ont été abordés et aujourd'hui nous allons poursuivre le traitement ...... des urgences.

Les tiroirs des commissions se sont gonflés d'une petite vingtaine de projets de lois : on dénombre aujourd'hui environ 450-460 objets en souffrance devant lesdites commissions "et vous êtes optimiste", m'a soufflé Mme le Sautier.

Tant Loly Bolay, excellente et efficace présidente sortante, que son successeur, le distingué vigneron Eric Leyvraz, ont fait part, dans leur discours, de leur préoccupation sur les conditions de travail du Grand Conseil et sur la persistance d'un ordre du jour pléthorique qui s'inscrit, si j'ose dire, dans la bonne orthodoxie du développement durable.

Devant ce constat partagé sur tous les bancs, Les Verts vont déposer un projet de loi portant sur une modification des horaires de travail notre parlement, s'inspirant de la pratique qu'ont adopté déjà de nombreux cantons et sur lequel je reviendrai prochainement plus en détail.

....... au boulot, mes chers-ères collègues !
   

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08/11/2008

« Les nouveau-nés ne sont pas des personnes »

Choc à Florence.

J’avoue avoir été très troublé, même secoué par ce qui s’est dit lors d'un congrès médical dans la capitale toscane  car vit dans mon entourage immédiat  une handicapée mentale et physique facétieuse avec qui nous entretenons des relations tout à fait normales.

La droite italienne attendait,  fusil pointé, les paroles du médecin hollandais Eduard Verhagen, auteur de « La carta de Groningen » qui  avance l’hypothèse de l’euthanasie pour les nouveau-nés malades sans espoir de guérison ; c’est pourtant et de manière inattendue un néonatologue italien, Gianfranco Vazzoler, chef de clinique  de Pordenone et membre de la Consulta de bioéthique de la ville, qui a secoué le Congrès (très discuté ) « Les défis de la néonatologie face à la bioéthique et la société » qui se tenait à Florence.

«Les fœtus, les nouveau-nés, les petits enfants, les retardés mentaux gravement atteints et ceux qui sont dans un état végétatif permanent, constituent des exemples de non-personnes humaines. Ils font partie de l’espèce humaine, mais ne sont pas des personnes » a déclaré le docteur Gianfranco Vazzoler.
Le titre de son intervention au congrès « Le nouveau-né est-il une personne ? » ne promettait rien de bon ; il avait mobilisé le nouveau cardinal Giuseppe Betori qui faisait allusion à cette phrase lors de sa visite dimanche dernier à l’hôpital pédiatrique Meyer où hier et jeudi se déroulait le congrès. « Le nouveau-né n’est pas une personne ; est une personne celui qui possède l’autoconscience, le sens moral et la rationalité » a dit Vazzoler en marge du congrès, «dans certains cas graves d’enfants malformés il pourrait être raisonnable d’accepter, comme en Hollande, l’euthanasie.»

La première réaction est arrivée pendant le congrès déjà. Le professeur ordinaire de neonatologie à Florence, Gianpaolo Donzelli, a défini les thèses de Vazzoler comme étant « personnelles, sans fondement scientifique ni éthique. ». Dur également le directeur de l’hôpital Meyer, Paolo Morello : « Il s’agit de propos offensants et inacceptables, desquels nous nous distançons avec fermeté ».

Les associations de bénévoles se sont élevées contre les affirmations du médecin de Pordenone. Parmi elles l’Anifas qui s’occupe de déficience mentale. Son président, Pietro Barbieri explique. « On a affaire à une idée économiciste pour qui il ne vaut pas la peine de porter assistance à certaines personnes. Le 3 mai de l’année en cours est entré en vigueur une convention de l’ONU sur le droit des personnes affligée d’un handicap ; elle affirme avec une extrême clarté et dans un sens laïc, le droit intrinsèque à la vie ».

Le Père Maurizio Faggioni, membre des comités éthique de la Fondation Meyer et de l’Enfant Jésus, enseigne la bioéthique à l’Académie Alfonsiana de Rome : « La phrase est tirée d’un livre de l’influent bioéthicien texan Engelhardt pour qui seul est un objet moral celui qui est capable de rationalité. Mais pour moi, chaque membre de la famille humaine mérite le respect. Introduire des distinctions à l’intérieur de cette appartenance commune signifie introduire une discrimination et mine la convivialité civile qui se base sur le respect de la dignité de l’être humain au-delà de ses qualités ».

Autre réaction, celle de Sandro Spinsanti, président du comité éthique des hôpitaux réunis de Bergamo et directeur de la revue spécialisée Janos . « Il est très insidieux et ambigu de partir d’un mot aussi fort que « une personne ». Il faut partir, au contraire, des relations. Exclure du « consortium » humain certains êtres humains sur la base d’une définition a priori est très offensant pour qui investit de l’énergie pour maintenir ces relations. La bioéthique devrait partir davantage du concret, du clinique, des relations humaines et moins de définitions abstraites et aprioristiques ».

Problématique délicate et douloureuse où se mêlent la science, la morale et la foi.  

In la Reppublica 1/11/08

 

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04/11/2008

Le vent de la discorde souffle sur la jetée des Pâquis

On vivait la fin des années 80 ; ce qui était à craindre se précisait. La FAO annonçait à la rubrique "autorisations" d'abord le réaménagement puis la reconstruction des Bains des Pâquis. Ce qui signifiait de fait la destruction des Bains des Pâquis.
Les autorités de la ville de Genève allaient gommer de la rade cette silouhette sobre et paisible sur la jetée de la rive droite construite en 1932 pour y aménager un aqualand. Elles couraient, sans le savoir encore, au devant d'un échec de politique urbaine les plus cuisants qu'on ait connu. Elles soulevaient un puissant mouvement populaire (au sens noble du terme) de révolte qui prit forme dans l'AUBP, animés par des citoyens dont l'engagement, la détermination, le sens pratique furent exemplaires.

Le résultat du referendum fut sans appel, les Bains des Pâquis étaient sauvés.

Aujourd'hui c'est un lieu d'excellence (qualifié ainsi dans une brochure officielle de la Ville de Genève), géré par la même association, où il fait bon vivre, en été comme en hiver, ; on s'y restaure pour quelques fifrelins, on prend soin de sa santé, on s'y amuse, on y refait le monde sous les canisses des terrasse, on y danse, on y joue aux cartes, aux boules, on y voit des expositions.....on y vit simplement, la qualité avant tout.

C'est ce que j'écrivais au mois de mars de cette année à l'occasion des 20 ans de l'Association des usagers des Bains des Pâquis.

Le quotidien bleu, qui héberge notre communauté de blogueurs, nous apprend mardi matin que le torchon brûle au comité de l'association. J'ai mal aux Bains que j'aime tant et de la peine à croire que la gestion soit si calamiteuse qu'on nous l'annonce car les repas servis sont toujours aussi bons et peu onéreux, le sauna, le hammam et le bain turc fonctionnent, les massages annoncent complet presque tous les jours et surtout les employés des Bains ne se sont pas manifestés ni plaints de leur employeur, le comité de l'AUBP.
Je constate avec regret, pour avoir au mois d'août assumé, avec un ancien président de l'association, le rôle de médiateur entre les deux groupes qui s'opposent aujourd'hui, que les engagements pris par les uns et les autres n'ont pas été tenus.
C'est une assemblée générale à organiser au plus tôt qui permettra aux usagers et membres de l'AUBP de prendre la mesure de ce qui, vu de l'extérieur, a toutes les apparences d'une crise strictement interne sur fond de conflit de personnes et de prendre les décisions qui s'imposent, sereinement mais fermement. Un audit du service des sports mené par le Contrôle financier de la Ville est en cours. Puisse-t-il rendre rapidement ses conclusions et apporter un éclairage, rassurant on l'espère, sur la gestion de ce lieu tant apprécié des genevois.

........ comme la vie est agréable une fois passé le Goléron !

 

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03/11/2008

ONE FM n'est pas seule !

Spectaculaire la mobilisation de la communauté des auditeurs de ONE FM suite à l'incompréhensible arrêt de mort signifié par l'OFCOM. La colère et l'indignation s'expriment via sms, emails, appels téléphoniques, groupes de défense (j'allais dire d'auto-défense) constitués sur la toile.

La direction de la station fait savoir qu'elle aura en fin de semaine une rencontre informelle avec les responsables bernois et déposera un recours devant le Tribunal administratif Fédéral. On sent de la conviction et de la détermination.

La classe politique genevoise s'émeut ; elle défilera tout au long de la matinée dans les studios de la rue des Bains ; le conseiller d'Etat Unger a téléphoné depuis la Russie ; il est sous le choc et souhaite prendre connaissance des considérants de la décision de non reconduction de la concession que ONE FM honore depuis plus de dix ans. Le président du Conseil municipal espère qu'une unanimité de soutien se dégagera lors de la séance plénière de demain. Une députée libérale relève que les commerçants genevois sont concernés. Une animatrice passe les appels à l'antenne ; le village helvète du bout du lac serre les coudes ; Michel Chevrolet est en pleine forme. On perçoit une vibrante et fébrile solidarité. La secrétaire générale du PDC (une de mes anciennes élèves) arrivée fort tôt, tient des propos empreints de fermeté. Une table est installée sur le trottoir, on y signe une pétition en allant au boulot.

Les critiques des auditeurs se font plus incisives, les mots plus pesants. Ca va déraper.......ça dérape. Il est maintenant question de Staline, de Ceaucescu, de la liberté d'expression. Le phoenix du MCG (qui s'était comparé il y a peu à Clémenceau, Jaurès et Pierre Fatio) déclare "qu'il n'en a rien à foutre de ces radios installées juste derrière la frontière". On s'emballe dans un registre à forte densité émotionnelle.

S'il est légitime et nécessaire que le "diktat" (dixit Mme de Witte) de Berne soit reconsidéré avec des lunettes plus objectives au vu de 40 emplois menacés, des 100.000 auditeurs recensés, de la solide santé financière de ONE FM et de son ancrage confirmé dans le PAGR (paysage audiovisuel genevois et romand), le glissement populiste aux relents séditieux n'en est pas moins insupportable. Le fédéralisme voué aux gémonies ; on assiste à la résurrection de l'utopie indépendantiste. J'exagère ? Il n'est que de lire les invites de la motion déposée au secrétariat général du Grand Conseil au nom de la Liberté de Genève par le MCG ; le Conseil d'Etat y est invité, outre "défendre avec pugnacité l'emploi dans un secteur difficile et la survie de ONE FM, à défendre la Liberté menacée par la Berne Fédérale, à requérir pour son compte la délégation de Berne pour l'octroi des concessions d'émission de radio et de télévision dans la République de Genève (tiens le mot canton a disparu), qui est souveraine et était jadis indépendante, à affirmer auprès de la Berne fédérale la Souveraineté de la république de Genève (tiens le mot...bis)

Roulement de tambour, aux armes Genève...et envoyez la fanfare. Non, ONE FM mérite mieux que ça.

Ce lundi matin 3 octobre à 6h, j'ai poussé la porte du 33 rue des Bains, siège de la radio ; j'étais même le premier à venir témoigner ma solidarité à l'équipe de ONE FM.
Je suis reparti une heure plus tard rassuré par l'impressionnante onde de soutien qui allait s'exprimer à l'antenne au fil des heures.

Je me suis aussi dit, cheminant dans les rues de Plainpalais, que sans être exemplaire en matière de patriotisme (loin de là), je restais fortement attaché aux liens qui unissent la République et canton de Genève à la Confédération.

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