germinal01

20/11/2008

Facebookmania

Le site de réseau social Facebook compte 120.000.000 d’inscrits à travers le monde. Je l’ai découvert par hasard en bavardant avec des collègues députés, et, malgré ma cancrerie informatique persistante j’ai réussi à m’y glisser. C’est trendy, convivial, souvent drôle. J’ai retrouvé un grand nombre de mes anciens élèves, consulté des albums révélant de vrais talents photographiques, pris connaissance d’événement culturels locaux, signé des pétitions, adhéré aux amis du Toblerone, annoncé les concerts de mon orchestre (les Clackos), constaté que je partageais des intérêts littéraires et musicaux communs avec certains de mes adversaires politiques, reçu des marques d’amitié à l’occasion de mon anniversaire…..et appris qu’il existait beaucoup d’autres Losio en Italie, ce que j’ignorais. Blèfle passé des moments agréables en sautillant sur les fils de cette toile.

Le phénomène prend une telle ampleur qu’il s’est infiltré dans les bureaux ; les employeurs s’en inquiètent car les heures de pianotage au travail ont une néfaste influence sur le rendement et la performance de tous ces accros de la social-com. Les postes italiennes viennent d’interdire l’accès du réseau Facebook à leurs employés, les régions de Lombardie et de Vénétie vont en faire de même. La commune de Naples, elle, a réglementé la problématique : une heure par jour au maximum, fractionnée en tranches de 10 minutes.


Le responsable marketing de Nokia Italia, Andrea Facchini, n’est pas scandalisé de savoir que ses employés passent toujours plus temps à surfer sur ce site : « Ca ne me viendrait pas à l’idée d’appliquer un quelconque type de censure. C’est un nouveau mode de communiquer, il suffit d’un peu de bon sens, de ne pas exagérer. Nous vivons un monde dans lequel nous sommes en permanence « connectés », les lieux de travail sont donc inévitablement concernés. Comme il s’agit d’un phénomène de mode, ce système va immanquablement marquer le pas. Pour l’instant on se montre dynamique en suivant la vague »

Je m’interroge sur le besoin de se dire, de se dévoiler, de signaler son existence de l’instant, sur la forme même de ce langage induit par les possibilités exponentielles que propose l’intelligence artificielle au service de ce réseau. Notre intimité pèse-t-elle tant pour qu’il faille la publier avec cette sorte d’impudeur domestique et banale. Facebook ne serait-il que le mega lieu commun réalisant la synthèse de nos quotidiens respectifs, éparpillés mais enfin partagés ? Ce langage produit-il du sens ?

« Lacan a raison : le langage n’indique pas le sens, il est là à la place du sens. Mais ce qui en résulte, ce ne sont pas des effets de structure, ce sont des effets de séduction. Non pas une loi qui règle le jeu des signifiants, mais une règle qui ordonne le jeu des apparences » (J.Baudrillard, Cool Memories).

Il est 14h40. J’ai passé aujourd’hui 35 minutes sur Facebook.

 

 



 

 



 

 



 

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