germinal01

04/11/2008

Le vent de la discorde souffle sur la jetée des Pâquis

On vivait la fin des années 80 ; ce qui était à craindre se précisait. La FAO annonçait à la rubrique "autorisations" d'abord le réaménagement puis la reconstruction des Bains des Pâquis. Ce qui signifiait de fait la destruction des Bains des Pâquis.
Les autorités de la ville de Genève allaient gommer de la rade cette silouhette sobre et paisible sur la jetée de la rive droite construite en 1932 pour y aménager un aqualand. Elles couraient, sans le savoir encore, au devant d'un échec de politique urbaine les plus cuisants qu'on ait connu. Elles soulevaient un puissant mouvement populaire (au sens noble du terme) de révolte qui prit forme dans l'AUBP, animés par des citoyens dont l'engagement, la détermination, le sens pratique furent exemplaires.

Le résultat du referendum fut sans appel, les Bains des Pâquis étaient sauvés.

Aujourd'hui c'est un lieu d'excellence (qualifié ainsi dans une brochure officielle de la Ville de Genève), géré par la même association, où il fait bon vivre, en été comme en hiver, ; on s'y restaure pour quelques fifrelins, on prend soin de sa santé, on s'y amuse, on y refait le monde sous les canisses des terrasse, on y danse, on y joue aux cartes, aux boules, on y voit des expositions.....on y vit simplement, la qualité avant tout.

C'est ce que j'écrivais au mois de mars de cette année à l'occasion des 20 ans de l'Association des usagers des Bains des Pâquis.

Le quotidien bleu, qui héberge notre communauté de blogueurs, nous apprend mardi matin que le torchon brûle au comité de l'association. J'ai mal aux Bains que j'aime tant et de la peine à croire que la gestion soit si calamiteuse qu'on nous l'annonce car les repas servis sont toujours aussi bons et peu onéreux, le sauna, le hammam et le bain turc fonctionnent, les massages annoncent complet presque tous les jours et surtout les employés des Bains ne se sont pas manifestés ni plaints de leur employeur, le comité de l'AUBP.
Je constate avec regret, pour avoir au mois d'août assumé, avec un ancien président de l'association, le rôle de médiateur entre les deux groupes qui s'opposent aujourd'hui, que les engagements pris par les uns et les autres n'ont pas été tenus.
C'est une assemblée générale à organiser au plus tôt qui permettra aux usagers et membres de l'AUBP de prendre la mesure de ce qui, vu de l'extérieur, a toutes les apparences d'une crise strictement interne sur fond de conflit de personnes et de prendre les décisions qui s'imposent, sereinement mais fermement. Un audit du service des sports mené par le Contrôle financier de la Ville est en cours. Puisse-t-il rendre rapidement ses conclusions et apporter un éclairage, rassurant on l'espère, sur la gestion de ce lieu tant apprécié des genevois.

........ comme la vie est agréable une fois passé le Goléron !

 

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Commentaires

Je suis quelque peu surpris en lisant le commentaire de Pierre Losio sur la récente "tourmente" qui règne sur les Bains des Pâquis.
En tant qu'ancien directeur des Bains, licenciè de façon abusive, brutalement et sans raison officielle valable, en septembre 2007, je ne suis pas surpris de ce qui arrive. Il ne s'agit là que de l'aboutissement d'une situation qui a dégénérée lentement mais sûrement ou encore d'un abcès qui a enfin fini par crever.
Comme P. Losio le sait d'ailleurs très bien, cette crise est essentiellement l'oeuvre d'un seul homme, le bien nommé Raymond Dumuid, très justement cité dans la Tribune du 04 novembre.
S'il est vrai que R. Dumuid a bien été l'un des pionniers des Bains et de sa transformation en une Association, il y 20 ans, ce même R. Dumid est également un personnage qui ne tolère aucune concurrence sur les Bains et déteste tous ceux qui pourraient lui faire de l'ombre.
Lors de mes plus de cinq années en tant que directeur des Bains, je n'ai fait que mon devoir. Ainsi j'ai géré les fianances de manière rigoureuse en réinvestissant les bénéfices générés par quelques belles saisons d'été dans les installations d'hiver. Ainsi, le résultat des activités de sauna et hammams a plus que doublé entre 2003 et 2007. Cette situation permet aujoud'hui aux Bains de fonctionner 365 jours par an et à la buvette de se développer en hiver.
Mais j'ai aussi veillé à ne pas dilapider l'argent de l'AUBP dans des dépenses exagérées, en particulier dans des animations hivernales qui profitaient essentiellement à la buvette et au développement de sa propre fréquentation durant la saison d'hiver.
Je n'ai pas arrêté de me battre contre les "vases communiquants" ou contre le flux de budgets entre l'AUBP et la buvette, ce qui m'a valu les foudres de R.Dumuid, qui a fini par me licencier de manière sournoise, sans discussion préalable, ni avertissement, tout en mettant le comité de son côté et en éviçant les membres d'un avis contraire au sien et de sa "tribu".
Je ne m'étalerai pas sur la gestion financière de la buvette des Bains. Ce que je peux affirmer est qu celle de l'AUBP était parfaitement rigoureuse et l'est probablement encore, connaissant bien la personnalité de la comptable et la fiduciaire.
Comme Pierre Losio l'a par ailleurs bien souligné lors de l'Assemblée Générale de l'AUBP, le 2 juin 2008, ces Bains ne peuvent être gérés par un directeur (honnête), du moins pas aussi longtemps que règne sur ce lieu une famille Dumuid omniprésente, se mêlant de tout et ne tolérant quelqu'un d'autre avec qui partager leur "règne".
J'ai donc moi-aussi été la victime d'un comportement plein de haine, de médisances et de calomnies, de la part de Raymond Dumuid, tout comme le sont actuellement certains membres du comité démissionnaire. A leur différence, je me retrouve aujourd'hui sans travail, ni revenu, à 62 ans...

Écrit par : Pierre Schweig | 04/11/2008

Je suis tout aussi surpris que M. Pierre Schweig du commentaire de M. Losio à propos de son étonnement face à la situation actuelle des bains des pâquis.
Ayant été moi même employé comme cuisinier durant environ six ans à la buvette, je peux dire que M. Losio, étant plus qu'un habitué du lieu, ce dernier me semble soudainement d'une naïveté surprenante quand à la situation actuelle qui découle de la gestion des bains des pâquis.
Il est compréhensible que M. Losio se sente attaché à ce lieu typique de Genève et qu'il entretienne une solide amitié avec Raymond Dumuid. Il est plus difficile à croire que M. Losio ne se soit jamais rendu compte de l'omniprésence de la famille Dumuid autant a l’AUBP qu’à la direction de la buvette des bains. De la présence de deux même membres de la même famille, toujours au sein de l’AUBP, dont l’un d’eux fait partie des responsables de la buvette (Julien Brulhart pour ne pas le citer).
M. Losio ne s’étonne pas non plus de l’utilisation des fonds de l’association pour payer quelques artistes durant le calendrier de l’avent, durant le mois de décembre, de festival de musique aux premières heures du matin, de peintres du dimanches grassement rémunérés pour la décoration des toilettes, de caméramans amateurs pour filmer telles expositions ou autres évènements, de groupes musicaux qui jouent durant les samedis d’étés. Mais, passons, tout cela pourrait être considéré comme étant une contribution à la culture locale (M. Mugny doit être très fière des bains !).
M. Losio , député au Grand Conseil genevois, Les Verts, ne s’étonne pas non plus de savoir qu’il n’existe pas de récupération de composte à la buvette, ni d’huiles usagées, qu’un nombre impressionnant de stères de bois partent en fumée chaque hivers pour chauffer la cabane à fondue, même s’il elle n’est que peu fréquentée le matin et même si la température extérieure est haute, que jamais un francs n’aura été investi pour utiliser une énergie propre comme le solaire ou autre.
Ce qui semble importer à grands nombres dans cette histoire, n’est que le fait de pouvoir se sustenter à bas prix à la buvette. Voilà l’argument massue ! On peut manger du filet de bœuf, du homard, des crevettes, etc. pour seulement 12 francs cinquante. C’est formidable ! Et dés lors, plus aucune critique ne devrait être admise.
En tant que député vert, M. Losio ne se poserait jamais la question des provenances des marchandises. Viande de cheval d’Argentine, Crevettes du Bangladesh ou du Vietnam, Homards du Maine (Etats Unis d’Amérique), filets de perches du Canada ou de Lituanie, tomates espagnoles de la région de Murcia (cette jolie région maraîchère qui peut s’apercevoir depuis les satellites grâce aux superbes serres de plastiques disséminées sur des hectares). C’est à croire que les maraîchers genevois n’existent pas, à croire que la Suisse ne produit pas de viande, que Genève n’a pas de lac où vivent quelques poissons ! Ne parlons même pas de produits bio ou encore de produits issus de l’économie équitable, là il faudrait en parler avec des écolos.
........ comme la vie est agréable une fois passé le Goléron ! Oui c’est vrai, on oublie tout, et une fois repassé le Goléron en sens inverse on ne se souvient plus de rien non plus !

Amicalement, Raphaël Diesing

Écrit par : Raphaël Diesing | 09/11/2008

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