germinal01

29/10/2008

Parlons-en sans tabou !

"Est-il dommage que nos parlements de milice se « professionnalisent » ?
« Au regard d’un monde de plus en plus complexe et interconnecté en permanence, il devient de plus en plus difficile d’assumer une fonction professionnelle et un engagement politique de qualité. »

« 
De fait, je dois constater que le professionnalisme gagne nos élus, par exemple le cumul de mandats peut représenter un revenu supérieur à 150'000.- par an, soit un salaire qui correspond à une véritable professionnalisation de la fonction de représentant élu. »

« 
Je dois remarquer que nous allons vers une professionnalisation de la fonction d’élu, et que nos autorités ne veulent pas le reconnaître". »


On pouvait lire ces propos le 23 octobre sur le blog Esprit de Genève. Son auteur renvoyait la solution de cette problématique aux travaux de la Constituante ; c'est-à-dire pas avant quatre ans.
Je me suis déjà exprimé sur le sujet en soulignant l'urgence qu'il y avait à revoir sans tabou les horaires de travail des commissions parlementaires et des sessions plénières du Grand Conseil. J'y reviens, avec insistance j'en conviens, mais l'enjeu est de taille : il y va de la crédibilité du pouvoir législatif.
 
Les Verts avaient déposé lors de la dernière législature un projet de loi dont les buts étaient d’améliorer les conditions de travail des députés, de favoriser l’accès des femmes au Grand Conseil en adoptant les horaires en vigueur dans la plupart des grand cantons suisses, soit la tenue des commissions et des plénières pendant la journée. La majorité du Parlement (l’Entente en particulier) n’en a pas voulu.
Cela aurait pourtant permis l’accès au Grand Conseil de nombreux citoyens-ennes motivés mais également désireux d’accompagner le parcours scolaire de leurs enfants ; c’est le cas notamment des mères de famille qui exercent une activité professionnelle.
Cela aurait permis notamment d’accélérer le traitement des projets de loi, motions, résolutions et autres pétitions ; l’ordre du jour des sessions épuré de mois en mois reprendrait ainsi un aspect objectivement et humainement abordable ; l’adéquation du temps politique au temps réel de la vie de  nos concitoyens redeviendrait peu à peu crédible. Le Parlement n’arrive plus à absorber des ordres du jour pléthorique, le retard accumulé est inquiétant ; quelques chiffres  pour illustrer cette réalité :

- 6 octobre : 453 objets sont en « souffrance » devant les commissions
- 9/10 octobre : session plénière : 154 points à l’ordre du jour (141 si on exclut les point fixes)
                                                   14 sont renvoyés sans débat en commission
                                                     3 sont retirés
                                                   39 sont traités
                                                   85 sont reportés
- 28 octobre : suite à une question que je lui ai adressée le Secrétariat général du Grand Conseil m’informe que les objets en « souffrance » devant les commissions seraient au nombre de 560 (ordre de grandeur à la dizaine près). Ce la se passe de commentaire, non ?

Les forces politiques représentées au Grand Conseil (en particulier celles de l’Entente) seraient-elles prêtes enfin à entrer en matière sur ce qu’elles ont refusé il y a quelques années ?

…….tout passe……..lentement.....

post scriptum
: la commission des finances se réunit aujourd'hui de 13h à 19h.......avec 45 points à l'ordre du jour !

 

09:57 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Bonjour Cher Monsieur,

Vous avez le mérite par votre article de mettre à plat la problématique d'une certaine forme d'étouffement de notre Parlement par la quantité importante de projets de lois, de résolutions, de pétitions, d'interpellations à traiter. Alors faut-il professionnaliser la fonction d'élu, on peut légitimement se poser la question ? J'avoue que je n'ai pas de réponse toute faite en la matière mais je pense qu'un système mixte pourrait être trouvé, à savoir peut-être la possibilité de travailler à 50 % au sein de l'entreprise, voire de réduire son taux d'activité, même en temps de percevoir une rémunération de la part de son Parti pour le représenter (jetons de présence). Moi-même engagée dans une formation politique, mais non élue, je vois combien il est parfois complexe de traiter de certains sujets, lorsque je regarde la retransmission du Grand-Conseil. Les élus ne doivent-ils pas devenir un peu plus experts aussi, suivre des formations continues, etc, pour mieux appréhender certaines thématiques, ainsi certains débats pourraient-ils y gagner en crédibilité et plus grande rapidité de traitement. Ne faut-il pas aussi revoir la gestion des séances en alternant- ordre du jour courant - le jeudi par exemple - objets non traités - le vendredi, de sorte à épurer le retard. A réfléchir...

En tous les cas, courage !!!

Bien à vous,

Béatrice FUCHS

Écrit par : beatrice fuchs | 29/10/2008

Sans tabou... du moins pour votre groupe parlementaire.

Quelles sont les indemnités d'un Député (plénières+commissions)?
Combien de députés siègent dans des commissions extra-parlementaires ou CA d'entreprises publiques ou parapubliques ?
Quelles sont leurs rémunérations ?

Que devez-vous reverser au Parti ?

Dans l'attente de vous lire et de faire les additions et une soustraction.

Écrit par : Charly Schwarz | 29/10/2008

Cher Monsieur LOSIO,

Je reviens sur mon précédent message. A voir la tenue des séances du Grand-Conseil, je me demande aussi s'il y avait un peu moins d'invectives verbales et de gesticulations au sein de ce cénacle, si le traitement des objets aux divers ordres du jour ne s'en ressentirait pas. Moins de "police" d'audience, plus de débats fondés sur les thématiques et non sur la politique politicienne. Je joins un texte que j'ai écrit pour le courrier des lecteurs, texte qui parle de cette problématique.
Bonne lecture !!

Bien à vous,

Béatrice FUCHS


Combattre les maux vaut mieux qu’une guerre des mots

Genève, 10 octobre. — Et si notre République était devenue le théâtre d’une guerre des mots — celle de personnes qui s’invectivent parfois violemment dans des parlements, diffusent des textes au goût de soufre et de vitriol sur des blogs allant parfois jusqu’à porter le masque de l’identité, de la signature pour ne pas se faire reconnaître.
Vouloir servir le bien commun devrait être, pour tout un chacun qui s’engage pour la collectivité, tout d’abord un combat contre les maux qui affectent notre société et non des luttes intestines menées à coup d’insultes.
Défendre une autre façon de voir la politique est tout à fait louable et c’est celle que je préconise: retrouver le langage de la rue, celui de nos concitoyens et ne pas faire résonner dans les esprits des termes galvaudés, des mots à la mode, mais aussi un vocabulaire aux accents intellectuels beaucoup trop prononcés, hors de portée de tout un chacun.
Alors, ce n’est peut-être qu’ainsi et avec des idées innovantes que Dame Politique retrouvera grâce aux yeux du public.
Béatrice Fuchs

Écrit par : beatrice fuchs | 29/10/2008

La modification horaire que tu préconise faciliterait l'accès du parlement à certaines catégories de citoyens... et la compliquerait à d'autres. On pourrait imaginer que certaines commissions se tiennent en soirée et d'autres en journée, mais cela deviendrait vite très compliqué.
Au plan budgétaire, si la professionnalisation du parlement fédéral me parait envisageable, il me semble que les parlements cantonaux coûtent déjà assez chers comme cela. Parce qu'il se posera vite la question de savoir si l'on ne recrute que ceux qui n'ont pas envie (ou pas les compétences...) de gagner nettement plus en s'occupant autrement... Ou si l'on paie correctement... Et puis après le canton, il y a les communes. Pourquoi pas des conseillers municipaux professionnels, tant qu'à faire ???
Au final, je dirais que je n'ai pas d'avis...

Écrit par : Philippe Souaille | 29/10/2008

A l'attention de M. Schwarz, Mme Fuchs et M. Souaille :

Le temps de récolter les informations et je vous répondrai en toute transparence.
P.Losio

Écrit par : Pierre Losio | 29/10/2008

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