germinal01

27/10/2008

L'Italie en proie à de vieux démons

C’est à Predappio, bourgade de l’Emilie-Romagne, que se rassemblent trois fois par an les nostalgiques du Ventennio,  les reppublichini survivants de Salò, les militants actifs de Forza Nuova, MS-Fiamma tricolore, Lotta Studentesca, Movimento Idea Sociale, bref la « fine fleur » du fascisme non-repenti et du hooliganisme organisé. Ce dernier week-end ils étaient entre cinq et dix mille dans la ville natale de leur Duce, bannières italiennes au vent frappées du faisceau licteur, de l’aigle impérial ou de la croix celtique pour célébrer l’anniversaire (le soixante-huitième) de la marche sur Rome. L’église est présente : le père Luigi Tam  en soutane, emmène la procession des chemises noires jusqu’au cimetière ; il n’évite pas les questions de France 2 : « non, ce n’est pas de la nostalgie ni des sentiments, c’est une doctrine fondée sur les principes de la civilisation, Dieu, Patrie, Famille ». Autre propos  saisis le long du cortège : « il y a trop de démocratie et d’anarchie aujourd’hui »,  « pour ces délinquants étrangers il devrait y avoir un Mussolini pour les coller contre un mur ici sur la place du village et faire justice…on n’est plus chez nous ici en Italie ». Relent nauséabond des lois racistes en vigueur dès 1938 sous le régime du parti national fasciste.

Tempi passati dira-t-on.

Si de nos jours l’Italie est constitutionnellement ancrée dans la démocratie et que les droits de tous sont garantis, on constate une recrudescence d’actes de violences physiques ou symboliques à connotation raciste inquiétante.
Quelques exemples (Reppublica 25.10.08) :

- Rome 29 septembre : un baby gang tabasse aux cris de « sale nègre » un sénégalais de 44 ans devant le supermarché "Le Torri".       
- Rimini 2 octobre : des passagers d’un autobus protestent contre la présence du chauffeur ivoirien ;
ils quittent le véhicule en proférant des insultes racistes.
- Rome 3 octobre via Annunziata : apparaît tagué sur un bâtiment  « Anne Frank s’est suicidée »
- Turin 11 octobre : ouverture du procès de Paola Cavallo accusée d’injures et menaces envers une
Maghrébine : « Hitler avait raison » avait-elle éructé.
- Varese 13 octobre : une marocaine de 16 ans  tabassée dans un bus pour avoir occupé un siège auquel « elle n’avait pas droit en tant que non italienne ».
- Padoue 20 octobre : le bar des « Tre botti » affiche sur sa vitrine : « interdit aux nègres, aux repris de justice et aux irregolari (étrangers en situation irrégulière).
- Parme 8 octobre : un ouvrier ghanéen roué de coups dans le bus qui l’emmène à son travail.
- Venise 20 octobre : la Cour d’appel condamne le maire Lega Nord de Vérone, Flavio Tosi, pour propagande  d’idées fondées sur la supériorité ou la haine raciale ou ethnique.

Le président de la Chambre des députés Gianfranco Fini, fasciste repenti, leader d’Alleanza Nazionale, en visite à la synagogue de Rome s’est déclaré très alarmé : « Le racisme, comme la xénophobie, est une sorte de monstre qui peut ressurgir sous des formes et des modalités diverses. Il y a en Italie trop de démonstrations d’ignorance, de peur et d’aversion ».

…… tout passe…… pas vraiment hélas !
 

 

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Commentaires

Les sages paroles de Gianfranco Fini à la synagogue de Rome laissent supposer que le gouvernement italien entend lutter contre les dérives fasciantes d'une certaine population. Pourtant, si l'Italie est ancrée dans la démocratie, je crains que Berlusconi lève l'ancre et qu'il poursuive sa route vers la glorifcation de sa personne et le despostisme, qui en serait la conséquence.
Une anecdote vient illustrer ce fait : la semaine dernière, Berlus-Kaiser a fustigé les chaînes TV qui osent se moquer de Sa Personne (essentiellement la RAI3).
Depuis des années, il crétinise l'Italie avec son empire Mediaset et lui enlève tout sens critique. Ne nous étonnons pas alors de voir une montée de la violence et de la xénophobie.
Depuis la semaine dernière, il tente de réduire au silence les italien-ne-s qui font encore fonctionner leurs neurones et qui essaient de démontrer ses méfaits.

Italia dovè vai ?

Écrit par : Le Rital (Michel Gioria) | 25/11/2008

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