germinal01

16/10/2008

Le coût de l'Euro

Voulez-vous l'Eurofoot 2008 à Genève et si oui jusqu'à quel montant acceptez-vous que les collectivités publiques s'engagent ? Voilà les questions qu'on aurait dû poser aux citoyens il y a  quelques années. Il est certes facile aujourd'hui de dire cela en utilisant le conditionnel passé qui est d'abord un mode puis un temps de conjugaison totalement inutile (les regrets et la nostalgie ne sont pas des concepts opératoires dans les affaires de Res Publica). Genève s'est retrouvée avec un Euro sur les bras suite à  deux décisions : l'une prise à Berne tout en haut de l'Etat, celle d'engager la Suisse dans l'organisation de la manifestation. L'autre prise  par le Conseil d'Etat de la précédente législature, celle d'offrir la disponibilité de Genève et de son stade pour l'accueil de quelques matches.

Il faut aussi prendre en considération l'incompétence crasse du dpt fédéral des finances à évaluer les coûts de cette manifestation : on annonce d'abord un peu plus de 10 millions et on se retrouve à la sortie avec une facture qui dépassera probablement les 150 millions une fois que les comptes seront consolidés.


Pour Genève, selon le gouvernement, il faudra attendre la publication des comptes de l’Etat 2008 en mars prochain pour connaître le coût transversal de l’Euro (en espèces sonnantes ou en prestations non monétaires) à moins que la Cour des Comptes, suite à la saisine de la commission des finances du Grand Conseil, n’y parvienne d’ici fin novembre, prouvant en cela qu’avec seulement une douzaine de collaborateurs et trois magistrats elle est plus efficace que la pourtant compétente et nombreuse administration cantonale.


On n’a à ce jour que deux certitudes : l’impact finalement décevant sur l’économie genevoise (les hôteliers et les restaurateurs le reconnaissent) et le coût des heures supplémentaires de la police : 7,8mo. Le Conseil d’Etat souhaitait accorder une prime de 2500 frs par policier ; cette demande, refusée hier par la commission des finances du Grand Conseil, provoque la colère dans les rangs de la maréchaussée dont le président syndical avait peine à prendre la mesure du poids des mots ce jeudi matin sur les ondes entre courroux et déférence :

-« C’est scandaleux, une marque de dédain envers la police…….. je respecte cette décision. »

Va-t-on au devant d’un conflit social ? D’une grève ? Ce serait pour Genève une prime politiquement coûteuse qui viendrait s’ajouter à la facture finale que nous découvrirons bientôt….. dans les milieux autorisés on s’autorise à murmurer le chiffre de 30mo !

Les Verts n’ont jamais été des eurolâtres et nous nous permettons, avec modestie et humilité comme nous l’avions fait avant l’Euro, d’inciter à la prudence et à la lucidité, ceux qui aujourd’hui veulent nous embarquer dans une aventure olympique !  

11:19 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Pourquoi est-ce à l'Etat de payer les frais liés à une organisation privée? Est-ce à certaines organisations internationales de commander aux Etats? Où est la démocratie? Le citoyen n'est intéressant que comme contribuable... son avis les élites, elles s'en foutent. Du pain et des jeux. Bientôt il n'y aura plus de pain. Mais les jeux...

Écrit par : Johann | 16/10/2008

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